Au congrès de la Fifa à Vancouver, une tentative de mise en scène voulue par Gianni Infantino pour montrer un visage apaisé du football mondial s’est heurtée, jeudi 30 avril, à un refus cinglant. Jibril Rajoub, président de la fédération palestinienne de football (PFA), a décliné l’invitation à serrer la main et à poser pour une photo avec Basim Sheikh Sulimane, représentant de la fédération israélienne, estimant que le contexte politique et humanitaire rendait ce geste inacceptable.
Le geste refusé et la réaction de Rajoub
Selon ses déclarations aux journalistes, Jibril Rajoub a expliqué son refus par la situation à Gaza et en Cisjordanie : « Ce qu’il se passe en Palestine est horrible, la destruction de toutes les installations sportives à Gaza, les meurtres de centaines de sportifs palestiniens, des employés… Il est temps de rendre justice ». Il a ajouté, s’adressant à la personne qui représentait Israël : « La personne qui parlait au nom d’Israël ne faisait même pas attention à toutes ces souffrances… Comment aurais-je pu prendre une photo avec une telle personne ? ».
La scène, relatée également par des images et des extraits diffusés sur les réseaux, illustre la difficulté pour la Fifa de séparer la sphère sportive des tensions politiques lorsque celles-ci affectent directement des fédérations nationales et leurs infrastructures.
Contexte juridique et accusations de la fédération palestinienne
La PFA a récemment saisi le Tribunal arbitral du sport (TAS) après que la Fifa a refusé de sanctionner Israël concernant la participation de clubs situés dans des colonies de Cisjordanie aux compétitions organisées par la fédération israélienne. La Cisjordanie, territoire palestinien occupé depuis 1967, demeure au cœur de nombreux litiges internationaux et d’accusations de violations du droit international liées à la colonisation.
Pour la fédération palestinienne, la présence de clubs dans ces colonies rend leur participation inacceptable et contraire au cadre juridique et éthique que la Fifa proclame. Le recours au TAS traduit l’escalade du conflit sur le terrain juridique et administratif du football mondial, lorsque la médiation politique classique ne suffit pas.
Par ailleurs, en octobre 2024, un groupe d’experts indépendants mandatés par le Conseil des droits de l’homme des Nations unies avait recommandé que la Fifa « respecte le droit international » en la matière, estimant qu’au moins huit clubs évoluaient ou avaient été identifiés dans des colonies israéliennes de Cisjordanie occupée. Ces experts ne parlent pas officiellement au nom de l’ONU, précision importante quand on évalue la portée de leurs conclusions.
Ce dossier met en lumière le rôle croissant des instances sportives internationales comme arènes de contestation politique : sanctions, plaintes judiciaires et pressions diplomatiques y trouvent désormais un terrain d’expression, surtout lorsque des infrastructures et des athlètes sont directement affectés par des conflits.
Gianni Infantino, pour sa part, avait tenté d’imposer un temps de pause symbolique, souhaitant que les deux responsables se rapprochent pour une photo. L’échec de l’initiative rappelle que les gestes symboliques peuvent se heurter à des blessures et des revendications non apaisées.
Évaluation de la fiabilité des sources citées
L’article original s’appuie sur plusieurs éléments : citations directes de Jibril Rajoub, un enregistrement ou des images de l’incident (diffusées sur les réseaux), la saisine du TAS par la PFA et un rapport d’experts indépendants liés au Conseil des droits de l’homme des Nations unies. Ces sources ont des niveaux de fiabilité différents mais complémentaires.
— Les déclarations de Rajoub sont des témoignages directs et peuvent être considérés fiables pour rendre son point de vue ; elles reflètent la position officielle de la PFA.
— La saisine du TAS est un fait juridique objectif et vérifiable ; la procédure elle-même et ses conséquences relèvent d’un registre public et crédible.
— Le rapport des experts des droits de l’homme, bien que publié par des spécialistes mandatés, est explicitement qualifié d’avis d’experts indépendants et non d’une position officielle de l’ONU. Il demeure néanmoins un document de poids, mais son autorité est différente de celle d’un acte diplomatique ou d’une décision judiciaire.
— Enfin, les images et publications sur les réseaux attestant du refus de la photo sont utiles pour corroborer la scène, mais leur portée factuelle dépend de leur origine et de leur contexte. Elles doivent être vérifiées et recoupées, comme pour tout contenu diffusé en ligne.
En somme, les éléments présentés sont majoritairement vérifiables : témoignages officiels, recours juridique devant le TAS et rapports d’experts. Ils permettent de reconstituer fidèlement l’incident et son contexte sans extrapoler au-delà des faits connus.
Cet épisode à Vancouver illustre la persistance des tensions politiques au sein du monde sportif et montre combien les tentatives de « normalisation » symbolique peuvent se heurter à des réalités humaines et juridiques non résolues.


