Le procès des cinq hommes renvoyés devant la cour d’assises des Bouches‑du‑Rhône pour l’assassinat de trois jeunes près de Marseille se tiendra à l’automne 2026, a annoncé le procureur général d’Aix‑en‑Provence. L’audience est programmée du 19 octobre au 6 novembre et, selon Franck Rastoul, sera « audiencée de manière prioritaire » en raison de l’importance du dossier dans le panier des affaires de criminalité organisée en attente de jugement. Le calendrier confirme que l’instruction et la qualification pénale ont abouti à une transmission au tribunal d’assises pour crimes, marquant une étape décisive de la procédure pénale mais non une condamnation définitive des prévenus.
Contexte et faits
Les faits remontent à la fin 2020 et ont profondément marqué la métropole marseillaise par leur violence. Le 29 décembre 2020, au petit matin, un véhicule en feu a été découvert dans un tunnel de service sur l’autoroute à proximité de Marseille. À l’intérieur se trouvaient deux corps carbonisés, dont celui de Brahim, 22 ans, demi‑frère d’Amine Kessaci, militant connu pour son combat contre le narcotrafic. Quelques jours plus tard, le 6 janvier, un troisième corps, découpé en morceaux, a été retrouvé dans le coffre d’une voiture elle aussi incendiée dans le 15e arrondissement de Marseille. Les autorités et les médias ont à l’époque insisté sur un niveau de cruauté inédit, tandis que l’enquête a progressivement orienté les investigations vers des réseaux liés au trafic de stupéfiants.
Les suspects, la procédure et les enjeux
Parmi les cinq personnes renvoyées devant les assises figure Karim Harrat, 37 ans, extradé du Maroc début 2023. Les magistrats et les enquêteurs le considèrent comme une figure du narcobanditisme et le soupçonnent d’avoir ordonné les assassinats, ainsi que d’être impliqué dans d’autres homicides liés au narcotrafic. Le renvoi devant une cour d’assises traduit l’existence d’éléments que le parquet estime suffisants pour mettre en jeu la responsabilité pénale pour des chefs graves, mais la procédure restant à venir, ces éléments seront contestés et débattus au cours du procès public.
La décision de tenir le procès en priorité au regard des « stocks » de dossiers de criminalité organisée souligne la pression judiciaire et politique autour des affaires liées au trafic de drogue à Marseille. Elle pose aussi la question de la protection des témoins et des proches, ainsi que de la sécurité des audiences dans des dossiers sensibles.
Répercussions et mobilisation
La violence de ces meurtres a profondément secoué les familles et la société civile locale. Amine Kessaci, engagé publiquement contre le narcotrafic depuis ces assassinats, a multiplié les initiatives : création d’une association d’aide aux familles de victimes, participation à des marches blanches, et publication en octobre d’un livre, Marseille, essuie tes larmes, présenté comme une longue lettre à son frère Brahim en amont du procès. Intervenant sur France 2 avant une marche blanche, il a lancé un appel à la mobilisation citoyenne : « Battons‑nous, il faut que les personnes se mobilisent. »
La famille Kessaci a été à nouveau frappée le 13 novembre lorsqu’un autre frère, Mehdi Kessaci, a été assassiné en pleine journée à Marseille. Les enquêteurs privilégient la piste d’un crime d’avertissement visant l’activiste, ce qui renforce l’hypothèse d’une instrumentalisation de la violence pour intimider les opposants au narcotrafic. Cet événement a suscité une onde de choc au‑delà de la cité phocéenne, relançant le débat national sur la sécurité et la lutte contre les réseaux de trafic de drogue.
Évaluation de la fiabilité des sources citées
Les informations principales du texte initial proviennent de l’AFP et de déclarations du procureur général d’Aix‑en‑Provence, complétées par des interventions d’Amine Kessaci relayées par France 2. L’AFP (Agence France‑Presse) est une agence de presse internationale reconnue pour ses normes rédactionnelles et sa vérification des faits ; ses dépêches sont généralement fiables pour les éléments factuels et les citations officielles. La prise de parole d’un procureur général constitue une source primaire et institutionnelle pour la date d’audience et la qualification procédurale ; elle est crédible sur les décisions de calendrier et la priorité donnée au dossier. France 2 est une chaîne de service public qui peut être considérée comme une source médiatique fiable pour les interviews et déclarations publiques.
Il convient toutefois de souligner les limites : la qualification d’implication des suspects relève d’enquêtes et d’accusations dont la portée juridique doit être confrontée à la procédure (mise en examen, renvoi, débats d’assises). Les éléments d’imputations ne valent pas preuve définitive tant que le procès n’a pas eu lieu. Le récit gagnerait à être complété par des éléments des dossiers d’instruction, des communiqués judiciaires et, le cas échéant, par la voix des avocats de la défense pour respecter l’équilibre informatif.
La tenue du procès à l’automne 2026 constituera un moment clé pour établir la vérité judiciaire sur ces crimes et mesurer la capacité des institutions à répondre à la violence liée au narcotrafic.


