Un troisième procès s’ouvre à Lyon le mardi 17 mars 2026 pour statuer sur la disparition et la mort présumée de Narumi Kurosaki, étudiante japonaise de 21 ans portée disparue depuis décembre 2016 à Besançon (Doubs). Le Chilien Nicolas Zepeda, détenu en France depuis son extradition du Chili en 2020, comparaît devant la cour d’assises du Rhône pour « meurtre » — des faits pour lesquels il a déjà été condamné à deux reprises à vingt-huit ans de réclusion, en première instance en 2022 puis en appel en 2023, condamnations annulées par la Cour de cassation en 2025 pour vice de procédure.
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Les faits reconstitués et l’état du dossier
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Les éléments factuels rapportés jusqu’ici tracent une chronologie marquée par la rupture et la disparition : les deux étudiants se seraient rencontrés au Japon en 2014 ; Narumi arrive à Besançon à la rentrée 2016 pour des études de français et met fin, environ un mois plus tard, à sa relation avec Zepeda, qu’elle jugeait trop possessif.
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La jeune femme est vue pour la dernière fois le 4 décembre 2016 regagnant sa résidence universitaire. Dans la nuit, des voisins signalent avoir entendu des cris perçants. Selon l’accusation reconstituée lors des précédents procès, Zepeda se serait rendu en France fin novembre 2016 et, d’après des bornages téléphoniques et des traces GPS liées au véhicule de location, aurait passé des périodes dans des lieux proches de la résidence et d’un sous-bois bordé d’une rivière où, selon le parquet, le corps aurait été dissimulé.
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Le dossier public contient des indices dits « concordants » : messages alternant séduction et menaces, témoignages d’étudiants l’ayant vu rôder ou se cacher, et éléments techniques (géolocalisation du téléphone et du véhicule). Mais le corps n’a jamais été retrouvé ; il n’existe pas d’aveu connu et l’absence d’indices biologiques directs reste notable.
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Accusation, défense et enjeux du procès
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L’accusation a présenté, lors des procès antérieurs, une thèse de féminicide prémédité : un « homme blessé » par la rupture aurait, selon le ministère public, planifié une mise au point violente suivie de la dissimulation du corps. Les magistrats ont retenu l’idée d’un passage à l’acte lié à une logique de possession et de représailles.
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La défense, conduite par Me Sylvain Cormier, maintient l’innocence de Nicolas Zepeda. Elle conteste l’interprétation des éléments techniques et des témoignages, et met en avant l’absence d’élément matériel irréfutable — pas de corps, pas d’aveu, pas d’indices médico-légaux publics permettant d’établir de façon certaine la matérialité du meurtre.
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Sur le plan procédural, il s’agit du troisième procès en quatre ans : condamnation en 2022, confirmation en appel en 2023, annulation par la Cour de cassation en 2025 pour vice de procédure, et reprise du débat devant une nouvelle cour d’assises en mars 2026. Le nouveau procès est prévu pour durer près de trois semaines.
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Au-delà du sort personnel de l’accusé, l’affaire pose des questions pénales et probatoires sensibles : comment apprécier la valeur d’indices circonstanciels quand la preuve directe (corps, témoignage d’aveu, preuves biologiques décisives) fait défaut ? Comment concilier la recherche de la vérité et les garanties procédurales d’un procès équitable ?
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Les observateurs judiciaires suivront en particulier la présentation des expertises — techniques de géolocalisation, analyses des échanges numériques, auditions de témoins — et la manière dont la cour évaluera la cohérence globale du faisceau d’indices.
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Évaluation de la fiabilité des sources citées par l’article
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L’article original s’appuie sur plusieurs types de sources : décisions judiciaires (condamnations successives et annulation de la Cour de cassation), éléments techniques (bornages téléphoniques, position GPS du véhicule de location), témoignages de voisins et d’étudiants, ainsi que les réquisitions et conclusions du ministère public présentées aux procès.
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Parmi ces sources, les décisions de justice et les motifs rendus par la Cour de cassation sont les plus fiables et vérifiables : ce sont des actes publics qui peuvent être consultés dans les textes de jurisprudence. Les éléments techniques (logs téléphoniques, traces GPS) sont en général solides, mais leur valeur probante dépend de la qualité de la récolte, de la conservation des données et de leur expertise technique — autant de points vérifiables dans les rapports d’expertise produits en instruction.
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Les témoignages de voisins et d’étudiants sont des preuves à valeur variable : utiles pour la reconstitution, mais soumis aux aléas de la mémoire et de l’interprétation. Enfin, le fait que l’article ne cite pas de documents précis (extraits d’ordonnances, rapports d’expertise ou transcriptions d’audience) réduit sa transparence et oblige le lecteur à rester prudent.
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Pour une lecture complète et fiable, il convient de consulter les décisions judiciaires, les comptes rendus d’audience et, si possible, les rapports d’expertise produits à l’instruction. Ces pièces permettront de confronter les affirmations médiatiques aux éléments juridiquement admis.
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Ce procès de mars 2026 constituera, quoi qu’il en soit, une nouvelle étape judiciaire déterminante pour tenter d’établir la vérité sur la disparition de Narumi Kurosaki et pour évaluer la portée réelle d’un faisceau d’indices en l’absence de preuve matérielle directe.


