Les avocats de la famille de Sarah Halimi ont annoncé, mercredi 15 avril, le dépôt d’une requête devant la cour d’appel de Paris visant à la réouverture de l’instruction relative au meurtre de cette femme, victime en 2017 d’une agression mortelle dans son appartement. Ils affirment disposer d’« éléments nouveaux » susceptibles, selon eux, de remettre en cause la décision ayant écarté la responsabilité pénale de l’auteur des faits, Kobili Traoré.
Les nouveaux éléments invoqués par la défense civile
Dans un communiqué transmis à l’AFP et relayé par plusieurs médias, les avocats Maîtres Olivier Pardo et Raphaële Bialkiewicz déclarent tenir des pièces — non détaillées publiquement dans le communiqué — qui, selon eux, n’étaient pas en possession des magistrats instructeurs, des experts judiciaires ou de la chambre de l’instruction. Ils citent spécifiquement la mention d’une consommation de crack antérieure au passage à l’acte, des indices de préméditation, ainsi que l’exploitation d’un enregistrement audio capté par un voisin au moment de la défenestration.
Les conseils de la famille estiment que cet enregistrement « démontre la conscience politique et antisémite » de l’auteur et que l’ensemble des éléments avancés est « incompatible avec une abolition du discernement ». Ils en déduisent que la thèse retenue par les experts psychiatriques — qui avaient conclu à une « bouffée délirante » au moment des faits — doit être réexaminée et que la mise en cause de la responsabilité pénale de Kobili Traoré mérite un nouvel examen judiciaire.
Rappel des faits et des décisions judiciaires antérieures
Les faits remontent au printemps 2017 : Sarah Halimi, alors âgée de 65 ans, fut rouée de coups puis défenestrée par son voisin, Kobili Traoré. Selon les éléments rendus publics lors de l’instruction, l’agresseur aurait proféré des invocations religieuses au moment de l’acte. La qualification antisémite du meurtre a été reconnue par la justice.
En avril 2021, la Cour de cassation a confirmé qu’aucun procès ne pourrait se tenir en raison de l’irresponsabilité pénale retenue à l’égard de M. Traoré, au motif qu’il avait, d’après les expertises psychiatriques, été dans un état de démence aiguë lors des faits. Cette décision avait suscité une vive émotion et un débat public intense sur la prise en compte des consommations de stupéfiants dans l’appréciation du discernement, ainsi que sur les procédures permettant de contester l’irresponsabilité pénale.
Les avocats de la famille indiquent que M. Traoré a par ailleurs été mis en examen et écroué en février — dans le cadre d’une autre affaire, selon le communiqué — mais ne précisent pas si ce nouvel épisode judiciaire est lié aux éléments désormais produits par les parties civiles.
Par la voie de leur communiqué, les conseils annoncent : « L’affaire Sarah Halimi n’est pas terminée ». Leur requête devant la cour d’appel vise donc à obtenir la réouverture de l’instruction afin que ces nouveaux éléments soient examinés par des magistrats et, le cas échéant, par des experts complémentaires.
La requête déposée par la famille s’inscrit dans une stratégie procédurale visant à contester une décision devenu définitive et qui a empêché la tenue d’un procès pénal. Une réouverture d’instruction n’est pas automatique : elle dépendra de l’appréciation des juges d’appel quant à la nouveauté et à la pertinence des pièces présentées.
Dans l’attente d’une décision de la cour d’appel, peu d’éléments nouveaux sont accessibles au public : le communiqué des avocats énonce des affirmations qui nécessitent vérification et expertise indépendante pour être confirmées. Les magistrats auront à apprécier si ces pièces opposées à l’irresponsabilité sont de nature à modifier l’issue juridique antérieure.
Évaluation de la fiabilité des sources citées
Le texte d’origine mentionne l’AFP et Le Point comme relais d’information. L’AFP est une agence de presse nationale reconnue pour ses standards de vérification et son rôle de source primaire pour de nombreux médias ; ses dépêches sont généralement considérées comme fiables pour la transmission factuelle d’annonces et de communiqués officiels. Le Point, hebdomadaire d’information français, publie des enquêtes et des recoupements mais peut aussi relayer des éléments provenant de tiers ; sa fiabilité dépend de la nature de l’article (enquête vs reprise de communiqué) et de la clarté sur les sources utilisées.
Dans ce dossier sensible, la principale source directe signalée est le communiqué des avocats de la famille : il reflète la position et les allégations de la partie civile, utiles pour connaître leur stratégie mais nécessitant vérification indépendante — notamment des pièces évoquées (enregistrement, preuves de consommation de crack, éléments de préméditation). Les conclusions techniques sur la responsabilité pénale relèvent, en dernier ressort, d’expertises psychiatriques et d’une appréciation judiciaire que seules les instances compétentes peuvent trancher.
En conséquence, les éléments présentés par la famille méritent d’être pris au sérieux et examinés par la justice ; ils ne doivent toutefois pas être assimilés à des faits judiciairement établis tant qu’ils n’auront pas été validés par une instruction ou une décision de la cour d’appel.


