Le stage de seconde doit rester un stage d’observation, répète le ministre
Le stage de deux semaines en milieu professionnel, que les élèves de seconde entament lundi, doit demeurer un temps d’observation et non d’exposition aux risques, a réaffirmé vendredi 12 juin le ministre de l’Éducation nationale, Édouard Geffray. Interrogé lors d’un déplacement à Paris, il a indiqué avoir rappelé aux établissements les « consignes de base » de sécurité et demandé aux chefs d’établissement de sensibiliser les élèves afin qu’« ils ne [s’]exposent à quelque danger que ce soit ».
Selon ses déclarations, un document a été remis aux élèves pour qu’ils le transmettent au maître de stage, rappelant ces consignes élémentaires. « Le principal enjeu, c’est qu’un stage d’observation reste bien d’observation », a-t-il résumé, insistant sur la nécessité d’éviter toute mission qui ferait sortir le mineur du cadre d’observation et l’exposerait à des tâches dangereuses.
Contexte : des accidents mortels qui soulèvent l’inquiétude
L’intervention du ministre fait suite à plusieurs accidents mortels impliquant des élèves mineurs en stage ou en formation. En avril, un élève de 15 ans d’un lycée professionnel du Gard est décédé après avoir été écrasé par un chariot élévateur sur son lieu de stage au sein d’une entreprise de BTP. En 2025, un autre lycéen de 16 ans est mort lors d’un stage de seconde à Saint-Lô (Manche). Ces deux drames, cités par les autorités et les représentants de parents, ont relancé le débat sur la sécurité des mineurs en entreprise.
En réaction au décès dans le Gard, le gouvernement a lancé une « mission flash » destinée à « renforcer les conditions de sécurité » des stagiaires de troisième et de seconde. À ce stade, cette mission n’a pas encore rendu ses conclusions publiques, selon les éléments cités dans l’article d’origine.
La situation suscite une forte inquiétude parmi les familles : Mustafa Ozcelik, vice-président de la fédération de parents d’élèves FCPE, a alerté que « depuis 2025, au moins six élèves mineurs sont décédés en stage ou en formation ». Ces chiffres, transmis par la FCPE selon l’article, témoignent de la préoccupation parentale et ont alimenté les demandes d’action de la part des pouvoirs publics.
Des voix demandent des mesures plus radicales
Outre les demandes de renforcement des règles de sécurité, certains acteurs réclament des changements plus structurels. Arnaud Darthenay, père d’un lycéen de 16 ans décédé en 2025, a vivement critiqué le dispositif : « Les entreprises ne sont pas des garderies. Il y a des risques inhérents à chaque secteur d’activité. Envoyer des enfants sans aucune préparation de l’Éducation nationale et aucun suivi de l’Éducation nationale, c’est inadmissible », a-t-il dénoncé en conférence de presse. À ses côtés, le député LFI Paul Vannier a déposé une proposition de loi visant à supprimer ce stage de seconde.
Sur le plan politique et pédagogique, le dispositif est déjà contesté par plusieurs syndicats et organisations. Depuis juin 2024, le stage est rendu obligatoire pour les 550 000 lycéens de seconde générale et technologique, une mesure introduite sous l’impulsion de Gabriel Attal lorsqu’il occupait la rue de Grenelle, dans le cadre d’une volonté de « reconquête du mois de juin ». Le ministère précisait en 2025 qu’entre « 90 et 95 % » des adolescents avaient réalisé ce stage. Certains syndicats réclament sa suppression ou sa transformation en option, invoquant des raisons pédagogiques et des problèmes de moyens pour garantir encadrement et sécurité.
Évaluation de la fiabilité des sources citées
Les informations rapportées dans cet article proviennent principalement de déclarations d’acteurs institutionnels et associatifs : le ministre de l’Éducation nationale (source officielle), la FCPE (fédération nationale de parents d’élèves) et des proches de victimes. Ces sources présentent des degrés de fiabilité différents mais sont toutes légitimes pour documenter le débat public.
– Déclarations ministérielles : élevées en fiabilité pour ce qui concerne les consignes officielles et les mesures annoncées. Les propos d’Édouard Geffray sont des informations de première main sur la ligne politique du ministère.
– Chiffres et bilans (ministère, FCPE) : utiles pour mesurer l’ampleur du phénomène, mais ils nécessitent une vérification croisée. Par exemple, l’affirmation de la FCPE selon laquelle « depuis 2025, au moins six élèves mineurs sont décédés en stage ou en formation » est préoccupante ; il conviendrait de la recouper avec des sources administratives ou judiciaires pour confirmation précise des dates et des circonstances.
– Témoignages de parents et initiatives parlementaires : ces éléments éclairent le ressenti et les réponses politiques. Ils sont fidèles aux positions exprimées publiquement mais reflètent parfois une dimension émotionnelle et revendicative qui doit être mise en regard des enquêtes factuelles et des responsabilités établies.
En l’état, le récit public combinant annonces ministérielles, bilans associatifs et témoignages familiaux offre une image cohérente des enjeux : sécurité accrue, réexamen du format des stages et débat politique. Pour une enquête complète et vérifiée, il faudra attendre la publication des conclusions de la mission flash et des éventuels rapports officiels ou procédures judiciaires relatifs aux accidents évoqués.


