Le Rassemblement national (RN) se retrouve à nouveau sous le feu d’une enquête judiciaire. Le parquet européen a ouvert des investigations visant des soupçons de fraude liés à des formations aux médias qui, selon certaines allégations, auraient profité à des cadres du parti durant la campagne présidentielle de 2022, et notamment à Jordan Bardella. Ces faits ont été révélés dans la presse et relayés par une plainte transmise aux autorités compétentes.
La procédure a démarré après la publication d’un article du Canard enchaîné, suivi d’une plainte déposée début décembre par l’association AC!! Anti-Corruption auprès du parquet national financier (PNF) à Paris. Le PNF, estimant qu’il y avait un enjeu de fonds européens, a transmis la plainte au parquet européen « pour évaluation ». Le parquet européen, basé à Luxembourg, n’a pas souhaité confirmer ni commenter l’existence ou le contenu de l’enquête.
Les faits reprochés et le contexte
Selon l’association plaignante et la couverture presse, il est reproché au RN d’avoir potentiellement utilisé des financements européens pour organiser des sessions de media training — c’est‑à‑dire des formations destinées à apprendre à des responsables politiques à s’exprimer devant les médias — pendant la campagne présidentielle de 2022. Parmi les bénéficiaires cités figure Jordan Bardella, alors président par intérim du parti et très impliqué dans la campagne de Marine Le Pen.
La transmission de la plainte par le PNF au parquet européen découle du fait que des fonds communautaires sont supposément en jeu, ce qui relève de la compétence du procureur européen pour déterminer si des infractions affectant le budget de l’Union européenne ont été commises.
La réaction du RN et des personnes mises en cause
Le Rassemblement national a vigoureusement contesté les accusations. Dans un communiqué, le parti dénonce une « instrumentalisation politique de la justice » et qualifie les éléments fournis par AC!! Anti-Corruption d’« déclarations militantes et outrancières ». Le RN affirme par ailleurs n’avoir « strictement rien à se reprocher ».
Jordan Bardella, cité dans les documents et la presse, a lui aussi répondu publiquement via la plateforme X, rejetant les accusations et qualifiant l’association à l’origine de la plainte d’« organisation d’extrême‑gauche revendiquée ». Il a ajouté que le RN se tient « à la disposition du parquet européen » pour fournir tout élément demandé. Le parquet européen, pour sa part, n’a pas confirmé l’existence d’un dossier publiquement.
À ce stade, les éléments disponibles dans l’espace public résultent des informations initiales du Canard enchaîné et de la plainte d’AC!! Anti‑Corruption transmises au PNF puis au parquet européen. Aucun jugement ni décision définitive n’a été rendue publiquement.
Évaluation de la fiabilité des sources citées
Plusieurs sources sont mentionnées dans le dossier public autour de ces faits, et leur fiabilité doit être appréciée au regard de leur nature :
– Le Canard enchaîné : hebdomadaire satirique et d’investigation français de longue date, connu pour publier des enquêtes et révélations politiques. Sa pratique inclut parfois l’utilisation de sources anonymes et de fuites internes ; son sérieux journalistique est reconnu, mais ses informations doivent être corroborées lorsqu’elles reposent sur des éléments confidentiels ou non vérifiables publiquement.
– AC!! Anti‑Corruption : association à but accusateur qui a déposé la plainte initiale. Il s’agit d’un acteur activiste engagé dans la dénonciation de pratiques qu’il estime illégales. Les plaintes d’associations peuvent constituer des éléments de procédure pertinents, mais leur contenu reflète parfois une perspective militante ; il est prudent de vérifier les pièces et preuves qu’elles produisent devant l’autorité judiciaire.
– Le parquet national financier et le parquet européen : institutions judiciaires dont les décisions — transmissions, ouvertures d’enquête, classements ou poursuites — sont des sources d’information officielles et formelles. Le PNF a confirmé la transmission « pour évaluation » au procureur européen en relation avec la présomption d’un usage de fonds européens, ce qui est une procédure administrative standard. Le parquet européen, pour l’instant, n’a pas communiqué publiquement.
Dans l’ensemble, les sources mêlent presse d’investigation reconnue, acteurs militants et institutions judiciaires. Chacune apporte un degré différent d’autorité et de partialité : les éléments factuels émanant d’institutions judiciaires sont les plus vérifiables, tandis que les révélations de presse et les plaintes associatives demandent confirmation par des pièces ou décisions judiciaires ultérieures.
En l’état, l’information disponible permet de comprendre l’origine des soupçons et la procédure engagée, mais ne suffit pas à établir une culpabilité. La suite de l’enquête et d’éventuelles décisions du parquet européen ou d’un juge fourniront les éléments définitifs nécessaires pour conclure.
Le dossier reste en évolution dans le cadre d’une procédure qui implique des vérifications formelles et la possibilité pour les personnes mises en cause de présenter leur défense devant les autorités compétentes.


