La CGT du site Stellantis de Mulhouse a déposé un préavis de grève couvrant la période du mardi 23 juin au dimanche 28 juin pour réclamer des mesures face aux fortes chaleurs qui frappent l’usine de Sausheim (Haut‑Rhin). Le syndicat dénonce des conditions de travail jugées dangereuses pour la santé des salariés et demande des adaptations d’horaires et des protections renforcées.
Un appel à débrayer en journée, et la liberté de débrayage
Dans son communiqué, la CGT appelle à un arrêt anticipé de l’activité : pour les équipes du matin, la fin de poste est demandée à 11h20 au lieu de 13h06 ; pour les équipes de l’après‑midi, à 18h20 au lieu de 20h32. Le délégué syndical Salah Keltoumi a précisé à l’AFP que les salariés qui le souhaitent pouvaient aussi choisir d’arrêter à d’autres horaires ou de faire grève sur une journée entière.
La direction du site a indiqué qu’un seul salarié avait effectivement débrayé mardi matin « sur 1 700 personnes qui travaillaient en horaire du matin ». De son côté, la CGT affirme répondre à des demandes de salariés « qui nous avaient dit que les pauses chaleur que nous donne la direction ce n’est pas assez, en fin de journée on est complètement morts », selon les propos rapportés de M. Keltoumi.
Des températures élevées dans certains ateliers et des revendications claires
La CGT rappelle que l’usine emploie près de 4 500 personnes et dénonce des températures qui « dans certains ateliers frôlent les 38‑40 °C ». Le syndicat met l’accent sur la vulnérabilité accrue des salariés : « Vous êtes là à monter des pièces, mais avec des gens qui arrivent déjà épuisés parce qu’ils n’arrivent pas à dormir normalement la veille », rapporte le délégué.
Parmi les demandes portées par la CGT figurent le ralentissement des cadences, l’octroi de pauses plus fréquentes et des investissements pour des équipements visant à protéger du risque thermique. Le syndicat précise qu’il n’a pas été rejoint par les autres organisations syndicales de l’usine au moment de l’annonce.
Les représentants syndicaux indiquent que, sur le site, les salariés bénéficient actuellement d’une pause le matin, de deux pauses l’après‑midi et d’une pause la nuit, ainsi que d’une bouteille d’eau par jour. La direction, pour sa part, rappelle l’existence d’une « procédure chaleur » applicable au site Mulhouse et à l’ensemble des sites du groupe Stellantis. Elle précise que, selon les températures, cette procédure prévoit « des pauses supplémentaires », la distribution de bouteilles d’eau et « l’aménagement des horaires le cas échéant quand celui‑ci est possible ».
Ce différend illustre la difficulté de concilier continuité de la production et protection sanitaire des salariés lors d’épisodes de chaleur intense. La question des aménagements concrets — réduction durable des cadences, investissements en ventilation ou climatisation ciblée, ou modification pérenne des horaires — reste au cœur des revendications mais dépendra des arbitrages internes à l’entreprise et des discussions sociales à venir.
À court terme, le préavis déposé par la CGT du 23 au 28 juin vise à mettre la pression pour obtenir des mesures immédiates et alerter sur la nécessité d’adapter les conditions de travail en situation de fortes températures.
Évaluation de la fiabilité des sources citées :
L’article d’origine se fonde essentiellement sur des informations transmises par l’AFP, sur des déclarations de la CGT locale (notamment Salah Keltoumi) et sur des communiqués ou éléments fournis par la direction de Stellantis. L’AFP est une agence de presse reconnue et généralement fiable pour la vérification et la diffusion de déclarations publiques ; ses comptes rendus reposent sur des témoignages directs et des prises de parole officielles. Les propos attribués à la CGT proviennent eux aussi de sources internes au syndicat (délégué) et reflètent donc la position revendicative de l’organisation. Les éléments fournis par la direction de l’entreprise — notamment le chiffre d’un salarié ayant débrayé mardi matin et la description de la procédure chaleur — constituent la réponse officielle de l’employeur.
En conséquence, la fiabilité globale des faits rapportés est bonne pour ce qui relève des déclarations (positions, horaires demandés, existence d’une procédure chaleur). En revanche, certaines valeurs citées (par exemple les températures « frôlant les 38‑40 °C » dans « certains ateliers ») reposent sur des observations locales et des témoignages ; elles doivent être considérées comme des estimations de terrain et non comme des relevés environnementaux certifiés. De même, l’absence d’adhésion des autres syndicats est un constat signalé par la CGT et l’AFP mais pourrait évoluer à mesure que les négociations et discussions progressent.
Pour une confirmation complète et chiffrée (mesures thermométriques officielles en ateliers, relevés des arrêts de travail, positions détaillées des autres organisations syndicales), il faudrait consulter les comptes rendus syndicaux officiels, les communications internes de Stellantis ou des relevés techniques indépendants fournis par l’inspection du travail ou des autorités compétentes.


