Un nouveau chapitre judiciaire s’est ouvert autour de l’incendie meurtrier qui a ravagé, lors de la nuit du Nouvel An, le bar Le Constellation à Crans‑Montana : l’Organisation cantonale valaisanne des secours (OCVS) a confirmé avoir déposé « une plainte pénale contre X » après la publication d’enregistrements d’appels d’urgence. La révélation a été faite par l’hebdomadaire SonntagsZeitung et relayée à l’AFP, selon le texte initialement diffusé dimanche 5 avril.
Les faits et la nature de la plainte
Selon les éléments rapportés, la plainte vise des infractions liées à la violation du secret professionnel, au secret de fonction et à la loi sur la protection des données. L’OCVS reproche notamment que l’ensemble des fichiers audio des appels passés la nuit du drame — y compris des communications sans rapport avec l’enquête — n’aient pas été isolés avant leur transmission à des avocats, puis diffusés par plusieurs médias, dont des titres en France.
L’Organisation a indiqué, via l’AFP, qu’elle ne fera « aucun commentaire supplémentaire » parce que la procédure est désormais entre les mains du ministère public du canton du Valais et qu’elle « collabore pleinement avec la justice pour faire toute la lumière sur ces transmissions non autorisées de documents internes ». Le dépôt d’une plainte « contre X » correspond à l’ouverture d’une recherche pénale visant à établir l’identité et la responsabilité des auteurs présumés des fuites.
Enquête en cours et suite judiciaire
Les auditions doivent reprendre devant le parquet la semaine suivant la publication des révélations. Initialement prévue le 7 avril, l’audition du copropriétaire du bar incendié, Jacques Moretti, a été reportée après que ses avocats ont transmis des certificats médicaux au ministère public, toujours selon le texte originel.
L’enquête vise à établir les circonstances exactes de l’incendie, à vérifier le respect des normes de sécurité par les propriétaires et à déterminer les responsabilités. La commune a reconnu qu’aucun contrôle incendie n’avait été effectué dans le bar depuis 2019, alors que ces contrôles devaient, selon les règles locales, être réalisés annuellement. Outre Jacques et son épouse Jessica Moretti, sept autres personnes ont été placées sous investigation pénale par le ministère public.
Ces développements judiciaires prennent place dans un dossier déjà lourd : l’incendie du Constellation, dans la nuit de la Saint‑Sylvestre, a fait 41 morts et 115 blessés. Les questions de sécurité des lieux, de chaînes de responsabilité et de la gestion des flux d’information sensibles, notamment audio, sont au cœur des tensions actuelles entre acteurs publics, victimes et médias.
Évaluation de la fiabilité des sources citées
Deux acteurs de l’information apparaissent au centre de la diffusion de cette révélation : l’hebdomadaire SonntagsZeitung et l’Agence France‑Presse (AFP). L’AFP est une agence de presse internationale reconnue pour ses procédures de vérification et son rôle de référence dans le circuit de l’information ; ses dépêches sont généralement considérées comme fiables pour relayer des confirmations officielles, comme celles de l’OCVS.
Le SonntagsZeitung est un hebdomadaire suisse qui publie des enquêtes et des scoops dominicaux ; s’il dispose d’une tradition de journalisme d’investigation, la portée d’un article de presse dépend de la qualité des sources citées et des documents consultés. Dans le cas présent, la combinaison d’une révélation du SonntagsZeitung et d’une confirmation de l’OCVS relayée par l’AFP renforce la crédibilité du fait rapporté — à savoir le dépôt d’une plainte et les griefs invoqués — mais ne se substitue pas à la procédure judiciaire en cours qui devra établir les responsabilités et la nature exacte des fuites.
Il restera essentiel, pour un lecteur souhaitant suivre l’affaire, de différencier les informations confirmées par des autorités (par exemple la confirmation de dépôt de plainte par l’OCVS) des éléments rapportés par des médias à partir de documents fuités, lesquels font l’objet d’une contestation procédurale et légale.
En attendant les résultats de l’instruction menée par le ministère public valaisan, la plainte pénale déposée par l’OCVS marque un tournant : elle met sur la sellette la gestion et la protection des données sensibles en lien avec un drame collectif, et pose la question des responsabilités dans la transmission et la diffusion d’enregistrements touchant des victimes et des personnes non impliquées.


