Un avocat représentant plusieurs familles de victimes de l’incendie de Crans-Montana a lancé une plateforme en ligne destinée à recueillir documents et témoignages susceptibles d’éclaircir des zones d’ombre de cette affaire tragique. Roman Jordan, qui défend plusieurs proches des victimes, a expliqué mercredi 14 janvier que cette initiative visait à « faciliter le travail d’enquête en faveur des victimes » et répondait à de nombreuses sollicitations de personnes souhaitant transmettre des informations. Le site est accessible en quatre langues (français, allemand, italien et anglais) et, selon son fondateur, s’inspire d’une démarche comparable mise en place après l’attentat du marathon de Boston en 2013.
Une plateforme pour recueillir des preuves et des témoignages
Baptisée Crans.merkt.ch, la plateforme invite toute personne ayant été témoin du drame ou disposant de photos, vidéos, révélations ou informations à les partager de façon « totalement anonyme ». Selon l’avocat, de nombreuses contributions ont déjà été reçues depuis la mise en ligne. L’objectif affiché est de centraliser des éléments qui pourraient aider à reconstituer les faits, identifier des témoins ou compléter des éléments matériels et chronologiques parfois difficiles à établir dans les premiers jours suivant un sinistre.
L’incendie du bar de la station de ski de Crans-Montana a fait 40 morts et 116 blessés, rappelle l’article d’origine. Une enquête a été ouverte en Suisse pour « homicide par négligence, lésions corporelles par négligence et incendie par négligence » visant le couple propriétaire du bar, Jacques et Jessica Moretti, précise le texte. Ces faits ont été largement relayés par les médias depuis l’accident et constituent l’un des éléments centraux des procédures pénales et civiles en cours.
Apports potentiels et limites d’une collecte citoyenne
Une plateforme de collecte pilotée par un avocat présente des avantages pratiques : elle peut accélérer la réception d’indices, faciliter le dépôt d’éléments visuels (photos, vidéos), et offrir un moyen anonyme pour les témoins hésitants à prendre contact. Pour les familles de victimes, cela peut apparaître comme un moyen de rassembler plus rapidement des preuves en vue d’actions civiles ou pour étayer des demandes d’information auprès des autorités.
Cependant, la valeur probante et l’usage potentiel de ces apports exigent prudence. Des éléments soumis en ligne doivent être authentifiés, horodatés et préservés de toute manipulation pour être recevables devant une juridiction. La chaîne de conservation (chain of custody) est essentielle : un document transmis à un avocat peut être utile pour une enquête interne ou une action civile, mais pour servir directement une instruction pénale, il faut en général que les autorités compétentes puissent procéder à des vérifications indépendantes.
Par ailleurs, des questions de confidentialité et de protection des données se posent : comment sont stockés les fichiers, qui y a accès, et quelles garanties existent contre la diffusion non autorisée d’images sensibles ? Enfin, une initiative portée par des parties civiles peut être perçue comme orientée ; il est donc important qu’elle travaille en coordination transparente avec les enquêteurs officiels pour éviter toute contamination des éléments de preuve ou entrave à l’enquête publique.
Évaluation des sources citées par l’article
L’article d’origine s’appuie principalement sur trois types de sources : la déclaration de l’avocat Roman Jordan, la description du site Crans.merkt.ch et la reprise d’informations factuelles sur le bilan humain et les poursuites en cours. Parmi ces éléments :
– Franceinfo (cité via la parole de l’avocat dans le texte) : c’est un média public français reconnu pour son sérieux et ses standards journalistiques. Les reportages et citations provenant de franceinfo sont généralement fiables, mais comme pour tout média, il convient de vérifier les déclarations importantes auprès des sources primaires lorsqu’elles existent.
– Roman Jordan (avocat) : il s’agit d’une source primaire directement impliquée dans l’initiative. Sa parole est crédible pour décrire la finalité et le fonctionnement du site. Toutefois, en raison de son rôle d’avocat des victimes, ses propos reflètent un intérêt de partie et doivent être complétés par des confirmations indépendantes (par exemple des autorités investigatrices).
– Le site Crans.merkt.ch : en tant que plateforme nouvellement lancée, il constitue une source directe d’information sur les modalités de dépôt. Sa existence et son contenu peuvent être vérifiés en consultant le site lui‑même. En revanche, les données qu’il reçoit doivent ensuite être authentifiées par des experts ou par les autorités pour en établir la fiabilité probante.
L’article original ne cite pas directement de communiqués du ministère public suisse ou de la police cantonale : l’information sur les poursuites à l’encontre des propriétaires devrait idéalement être confirmée par un communiqué officiel du parquet compétent (par exemple du canton concerné) ou par des communiqués judiciaires accessibles au public.
En résumé, l’initiative de collecte mérite d’être suivie comme un outil potentiellement utile aux familles et aux enquêtes, mais son impact dépendra de garanties procédurales, techniques et de coordination avec les autorités suisses pour que les éléments rassemblés puissent effectivement éclairer les faits et servir la recherche de la vérité.


