Une instruction pénale a été ouverte contre un ancien chargé de sécurité de la commune de Crans‑Montana, a révélé la télévision publique suisse RTS mercredi 28 janvier. Selon la chaîne, cet agent, responsable de plusieurs contrôles incendie dans le bar Le Constellation, doit être auditionné le 9 février. RTS ne précise pas, à ce stade, les chefs de mise en cause retenus contre lui. Son avocat, Me David Aïoutz, a confirmé l’information à RTS et à BFMTV. Le ministère public valaisan n’a pas répondu aux demandes de l’AFP mentionnées dans les premiers reportages.
Les faits établis et l’état de l’enquête
L’incendie du Constellation, survenu la nuit du Nouvel An, a fait 40 morts et 116 blessés, principalement parmi des adolescents et de jeunes adultes — parmi lesquels figuraient des ressortissants français et italiens. Selon les premières éléments de l’enquête rendus publics, le sinistre aurait été déclenché par des étincelles produites par des bougies qui ont enflammé une mousse insonorisante posée au plafond du sous‑sol du bar.
La commune de Crans‑Montana a reconnu ne pas avoir réalisé les contrôles de sécurité et d’incendie prévus dans cet établissement depuis 2019. Ces manquements ont été cités dès les premières investigations et placent désormais la responsabilité des vérifications administratives au cœur des interrogations sur la prévention des risques avant la tragédie.
Les propriétaires du Constellation, un couple franco‑italien, Jacques et Jessica Moretti, font l’objet d’une instruction pour « homicide par négligence, lésions corporelles par négligence et incendie par négligence ». Jacques Moretti a été placé en détention provisoire le 9 janvier, puis remis en liberté le 23 janvier après le versement d’une caution. Lui et son épouse sont désormais soumis à des mesures de contrainte — mesures dont la nature exacte (interdiction de sortie, obligation de pointage, saisie de documents, etc.) n’a pas été précisée publiquement.
L’ouverture d’une instruction pénale contre l’ancien chargé de sécurité marque une étape supplémentaire de la procédure: en droit suisse, l’instruction pénale est la phase durant laquelle le ministère public recueille les preuves, entend les personnes concernées et détermine s’il y a lieu d’engager des poursuites. Les auditions à venir, les expertises techniques sur les matériaux et la reconstitution des faits seront déterminantes pour établir les responsabilités pénales et administratives.
Ce que l’on peut attendre de l’instruction
Les investigations doivent répondre à plusieurs questions précises et limitées: quelles étaient la composition et la configuration exacte de la mousse insonorisante? Comment et pourquoi des bougies ont‑elles été utilisées dans un local abritant ce type de matériau? Quels contrôles avaient été réalisés — ou omis — par la commune et par les exploitants depuis 2019? Et enfin, quels manquements, s’il en existe, relèveront d’une responsabilité pénale plutôt que d’une simple infraction administrative?
Au plan procédural, l’instruction pourra conduire soit à un classement sans suite si les éléments ne suffisent pas à caractériser des infractions, soit à la citation directe devant un tribunal pour les personnes mises en cause. Le volet civil, quant à lui, traitera des réparations au bénéfice des victimes et des familles, et pourra se dérouler parallèlement à l’instruction pénale.
Fiabilité des sources et limites de l’information
Les informations initiales proviennent principalement de RTS, de BFMTV et des dépêches de l’AFP, avec des confirmations ponctuelles apportées par l’avocat de l’un des mis en cause. Voici une brève évaluation de la fiabilité de ces sources:
– RTS (Radio Télévision Suisse) : média public suisse bénéficiant de standards éditoriaux élevés et d’un accès direct aux autorités locales. Ses reportages sur des affaires nationales sont généralement fiables, mais, comme tous les médias, RTS dépend des communications officielles et des sources judiciaires qui peuvent rester partielles en phase d’instruction.
– AFP (Agence France‑Presse) : agence de presse internationale reconnue pour la rigueur de ses vérifications et sa neutralité. Les dépêches AFP servent souvent de relais factuel précis, mais elles reflètent l’état des éléments disponibles au moment de la publication.
– BFMTV : chaîne d’information française en continu, utile pour la rapidité de diffusion. Elle est jugée fiable sur les faits confirmés, mais ses formats favorisent parfois une couverture plus synthétique et spectaculaire. Les informations fournies par BFMTV doivent être lues en complément d’acteurs spécialisés et des sources officielles.
La principale limite de l’état actuel de l’information tient à la confidentialité procédurale: le ministère public valaisan n’a pas communiqué publiquement tous les éléments de l’enquête et peut être tenu par le secret de l’instruction. Les confirmations apportées par l’avocat des mis en cause apportent un niveau de corroboration, mais n’exonèrent pas d’attendre les résultats des expertises techniques et des auditions pour établir avec certitude les responsabilités.
En l’état, l’ouverture d’une instruction contre un ancien chargé de sécurité élargit le champ des investigations et témoigne d’une volonté des autorités d’examiner non seulement les causes immédiates du feu, mais aussi les dispositifs de prévention et de contrôle qui auraient pu éviter le drame.


