Le Premier ministre israélien, Benyamin Nétanyahou, a annoncé dimanche 7 décembre son intention de faire « très bientôt » passer l’accord de cessez-le-feu à Gaza à une « deuxième phase », parrainée selon lui par les États‑Unis. Ces déclarations, tenues à l’issue d’une rencontre à Jérusalem avec le chancelier allemand Friedrich Merz, résument une ambition politique et militaire qui reste cependant entourée d’incertitudes pratiques et diplomatiques.
Contenu et calendrier annoncés des phases
Selon M. Nétanyahou, la « première phase » du cessez‑le‑feu est achevée, sous réserve de la restitution par le Hamas d’un dernier otage israélien, Ran Gvili. La « deuxième phase » évoquée reprend, d’après lui, des éléments prévus dans ce qu’il qualifie du « plan de paix du président américain » : le désarmement du Hamas, la démilitarisation de la bande de Gaza, le déploiement d’une force internationale et le retrait de l’armée israélienne.
Le Premier ministre a ensuite évoqué une « troisième phase » destinée à la déradicalisation de Gaza. Il a cité l’exemple de la « déradicalisation » en Allemagne, insistant sur l’idée qu’un processus similaire pourrait être imaginé pour Gaza une fois le Hamas « démantelé ». De son côté, le chancelier Merz a assuré que l’Allemagne participerait à la reconstruction et a répété que « le Hamas ne peut jouer aucun rôle à Gaza », condamnant implicitement toute résurgence militaire du groupe.
Ces annonces surviennent alors que Friedrich Merz effectuait sa première visite en Israël depuis sa prise de fonctions. Sa mission affichée : consolider le « partenariat privilégié » entre Berlin et Jérusalem, après des tensions liées à la guerre dans la bande de Gaza et aux violences de colons en Cisjordanie. Durant son déplacement, M. Merz a également rencontré des anciens otages israélo‑allemands, Ziv et Gali Berman, pris lors de l’attaque du 7 octobre 2023, rappelant le lien humanitaire qui sous‑tend nombre de gestes diplomatiques récents.
Ce que disent (et ne disent pas) ces déclarations
Les propos des dirigeants indiquent une feuille de route ambitieuse mais générique. Plusieurs éléments clés restent flous : qui composerait et commanderait la « force internationale » envisagée, quelles garanties seraient offertes pour la sécurité d’Israël durant et après le retrait des forces israéliennes, et quels mécanismes de vérification seraient mis en place pour assurer le désarmement effectif du Hamas.
Par ailleurs, l’évocation d’un « plan de paix du président américain Donald Trump » dans le texte initial mérite clarification : depuis 2021, la présidence américaine est assurée par Joe Biden. Si des éléments de plans antérieurs peuvent être réutilisés, il est essentiel d’identifier le document précis et l’administration qui le soutient pour évaluer la portée réelle de la référence. De même, aucune source indépendante ou texte d’accord n’a été produit publiquement dans le même temps pour corroborer le calendrier ou les modalités annoncées.
Évaluation de la fiabilité des sources citées
Les informations rapportées reposent principalement sur deux types de sources : les déclarations publiques de responsables (M. Nétanyahou et M. Merz) et des allusions à un accord « parrainé par les États‑Unis ». Les déclarations officielles des chefs de gouvernement sont des sources primaires fiables pour retranscrire positions et intentions — elles attestent de la posture diplomatique et des priorités annoncées par ces États. En revanche, elles ne suffisent pas à confirmer que des engagements opérationnels ou juridiques contraignants ont été pris.
Le texte inicial ne cite pas de document d’accord, de communiqué conjoint précis, ni de déclaration de l’administration américaine, du Hamas, de l’ONU ou d’autres acteurs internationaux. L’absence de sources secondaires indépendantes (presse internationale reconnue, déclarations officielles publiées en parallèle, documents diplomatiques) réduit la possibilité de vérification et oblige à la prudence.
Pour une meilleure vérification, il convient de rechercher : les communiqués officiels du Bureau du Premier ministre israélien et de la Chancellerie allemande, toute déclaration du Département d’État des États‑Unis, ainsi que les communiqués de l’ONU et du Comité international de la Croix‑Rouge. Les agences de presse internationales reconnues (Reuters, Associated Press, BBC, New York Times) permettent en général de recouper rapidement les informations et d’identifier les textes d’accord ou communiqués officiels.
En somme, les annonces d’une « deuxième phase » traduisent une intention politique claire mais restent à traduire en engagements formalisés et vérifiables. Sans documents publics confirmant modalités, calendrier et garanties, il faut se garder d’interpréter ces déclarations comme l’annonce d’un processus irréversible vers la paix.


