Plus d’une semaine après l’explosion d’un colis piégé à l’entrée d’un immeuble résidentiel de Monaco qui a blessé l’homme d’affaires Vadim Ermolaev, sa compagne et leur fils, l’enquête a pris une dimension internationale. Les investigations, menées en lien étroit entre les autorités monégasques et plusieurs services étrangers, ont connu des développements majeurs en Ukraine et en Allemagne, tandis que les magistrats monégasques cherchent toujours à identifier les commanditaires et l’ensemble de la chaîne ayant conduit à cette tentative d’assassinat.
Les faits connus et l’état des victimes
L’explosion s’est produite le lundi 29 juin à l’instant où la famille rentrait dans leur immeuble. Trois personnes ont été blessées : Vadim Ermolaev, 58 ans, homme d’affaires d’origine ukrainienne installé à Monaco depuis au moins 2021 selon les éléments disponibles, sa compagne et leur fils de 13 ans. Un engin explosif dissimulé dans un colis déposé à l’entrée de la résidence a été à l’origine des blessures.
Dans son dernier communiqué daté du 3 juillet, le parquet de Monaco indiquait que l’état de santé de M. Ermolaev s’était rapidement stabilisé. La compagne de la victime, en revanche, présentait un pronostic vital engagé à cette date. Le fils, plus légèrement touché, avait été pris en charge au centre hospitalier pédiatrique Lenval à Nice. À ce stade, les autorités monégasques n’ont pas fourni de mise à jour publique plus récente sur l’état des blessés.
Enquête transfrontalière : arrestations et découverte d’un corps
La justice monégasque a ouvert une information judiciaire pour tentative d’assassinat, destruction volontaire par explosif et association de malfaiteurs. Très tôt, les enquêteurs ont sollicité l’appui d’équipes étrangères. Un mandat d’arrêt international a été diffusé via Interpol visant une principale suspecte, Anastasiia Berezovska, pour les qualifications retenues par Monaco.
Les autorités ukrainiennes ont annoncé avoir retrouvé, mardi, le corps d’Anastasiia Berezovska, une Ukrainienne de 39 ans revenue en Ukraine le 1er juillet, soit deux jours avant la diffusion du mandat d’arrêt international. La police nationale ukrainienne précise que la victime portait des blessures par balle à la tête. Le Service national des gardes-frontières ukrainien a indiqué qu’elle avait franchi légalement la frontière à son retour et que, au moment de son entrée sur le territoire ukrainien, aucun mandat d’arrêt Interpol n’était encore renseigné contre elle.
Parallèlement, l’enquête conduite en Ukraine a conduit à l’identification et à l’arrestation de deux hommes « qui pourraient être intervenus dans la préparation de la tentative d’assassinats commise à Monaco », selon le procureur général de Monaco. La police ukrainienne a précisé que ces deux suspects sont présentés comme un ancien membre des forces de l’ordre et un employé actuellement rattaché à la Direction générale du renseignement (GUR) du ministère de la Défense ukrainien. Selon les mêmes communiqués, l’employé du GUR aurait reconnu avoir tué A. Berezovska en affirmant avoir agi sans en informer ses supérieurs.
Les enquêteurs indiquent aussi que ces deux hommes étaient en contact avec la principale suspecte après son retour en Ukraine et leur imputation s’appuie notamment sur des virements bancaires dirigés vers des comptes qui lui appartiendraient. Lors d’une perquisition au domicile de l’ancien membre des forces de l’ordre, les autorités affirment avoir découvert une pièce aménagée en « chambre de torture » dans un local au sous-sol.
En Allemagne, une perquisition a été réalisée au dernier domicile connu d’Anastasiia Berezovska. Les éléments saisis doivent être transmis aux magistrats monégasques dans le cadre de la coopération judiciaire internationale engagée.
Pour les magistrats monégasques, ces arrestations et découvertes constituent des étapes importantes mais non suffisantes : dès le 3 juillet, le procureur adjoint de Monaco estimait que la principale suspecte n’avait « pas agi seule ». L’objectif des investigations reste de reconstituer l’ensemble de la chaîne — exécutants, relais et commanditaires — ainsi que de préciser les mobiles.
Les autorités de Monaco et d’Ukraine indiquent travailler « très activement » avec les services de plusieurs pays pour élucider l’affaire. Aucune communication publique exhaustive n’a toutefois été publiée pour résumer à ce jour l’intégralité des preuves techniques et des éléments administratifs recueillis.
Fiabilité des sources citées
Le reportage s’appuie essentiellement sur des communiqués et déclarations d’autorités judiciaires et policières (parquet de Monaco, procureur général, police nationale ukrainienne, Service national des gardes-frontières ukrainien) ainsi que sur la diffusion d’un mandat d’arrêt via Interpol et la reprise par un média (Franceinfo). Ces sources institutionnelles sont de premier plan pour rendre compte d’une enquête en cours et présentent, de manière générale, une forte fiabilité pour les faits annoncés (arrestations, découverte d’un corps, qualifications juridiques).
Cependant, certaines précisions — par exemple la reconnaissance par un employé du GUR ou la description d’une « chambre de torture » — proviennent de communiqués de police qui, en phase d’enquête, peuvent contenir des éléments partiels et évoluer. Il convient donc de considérer comme provisoires les éléments issus d’annonces policières tant qu’ils n’ont pas été confirmés par la procédure judiciaire (mises en examen formelles, actes d’instruction, décisions de justice) ou corroborés par des transmissions de pièces aux autorités monégasques.
En l’état, la combinaison de sources officielles et de reprises par la presse permet d’établir une narration solide des faits, mais la prudence reste de mise sur les responsabilités finales et les mobile tant que les enquêtes et procédures n’auront pas livré leurs conclusions.


