Le parquet du Pérou a annoncé, le 1er mai, l’ouverture d’une enquête préliminaire pour traite d’êtres humains à la suite de plaintes faisant état d’un réseau transnational présumé ayant recruté des ressortissants péruviens afin de les envoyer combattre en Ukraine.
Selon le ministère public péruvien, plusieurs anciens militaires et policiers auraient été approchés via les réseaux sociaux par des offres d’emploi fallacieuses proposant des postes de sécurité ou d’autres fonctions en Russie. Une fois transférées sur le territoire russe, ces personnes seraient, d’après les autorités, contraintes de « participer à des actions de combat dans le cadre du conflit armé entre la Russie et l’Ukraine ».
Modes de recrutement et trajectoire signalés
Les plaintes évoquent des promesses salariales attractives — des rémunérations annoncées de 2 000 à 3 000 dollars par mois — qui auraient incité environ 600 Péruviens à se rendre en Russie depuis octobre, toujours selon des sources citées dans le dossier. Ces recrutements se seraient opérés par l’intermédiaire d’annonces et de messages diffusés en ligne, visant notamment des personnes disposant d’une formation militaire ou policière.
Le bureau du procureur a précisé que les parquets spécialisés ont ordonné l’ouverture d’une enquête pour « atteinte à la dignité humaine » sous la qualification de traite d’êtres humains, y compris dans sa forme aggravée. Les investigations viseront notamment à établir les modalités exactes de recrutement, les itinéraires suivis, l’existence éventuelle d’organisations intermédiaires et la réalité des conditions de travail et de service une fois les personnes transférées.
Bilan humain et réactions officielles
Un avocat représentant des familles, interrogé par une chaîne de télévision péruvienne identifiée comme « N » dans les communiqués, a affirmé que treize Péruviens étaient morts dans le conflit. Cette source a également évoqué le chiffre d’environ 600 ressortissants partis pour la Russie après avoir été recrutés par des promesses trompeuses. Ces éléments figurent pour l’instant dans des déclarations publiques et dans les plaintes qui ont déclenché l’enquête ; ils doivent être vérifiés par le parquet dans le cadre de ses investigations.
Le ministère des Affaires étrangères du Pérou a, pour sa part, demandé à l’ambassade de Russie à Lima des informations urgentes sur la localisation et l’état de santé des Péruviens qui, selon les communiqués officiels, « ont décidé de servir dans les forces armées » russes. L’ambassade de Russie a reconnu que certains ressortissants avaient signé des contrats pour servir dans l’armée russe et a présenté ces engagements comme volontaires.
Le dossier s’inscrit aussi dans un contexte international déjà marqué par des signalements selon lesquels des combattants étrangers — volontaires et contractuels — ont rejoint les rangs russes en Ukraine. Certaines autorités nationales, notamment en Afrique, ont accusé Moscou d’avoir utilisé la tromperie ou des moyens coercitifs pour enrôler des ressortissants étrangers ; ces allégations ont donné lieu, dans plusieurs pays, à des enquêtes et à des tensions diplomatiques.
La procédure en cours au Pérou vise donc à déterminer s’il y a eu d’un côté des pratiques criminelles de recrutement et de traite, et de l’autre côté des décisions individuelles de s’engager dans les forces armées russes. Les investigations judiciaires devront établir la réalité des pressions, des contraintes et des tromperies alléguées, ainsi que la participation éventuelle d’intermédiaires ou de structures organisées.
Évaluation de la fiabilité des sources
Les éléments rapportés dans l’article initial reposent principalement sur des communiqués officiels du ministère public péruvien, sur des déclarations du ministère des Affaires étrangères du Pérou et sur des propos d’un avocat représentant des familles, cités par une chaîne de télévision locale identifiée comme « N ». Ces sources institutionnelles (parquet, ministère des Affaires étrangères) sont généralement fiables pour rendre compte de l’existence d’une enquête et des démarches diplomatiques engagées ; elles attestent de faits procéduraux et de demandes d’information formelles.
En revanche, certains chiffres et allégations — notamment le nombre de personnes parties (environ 600) et le bilan des morts (treize), tels que rapportés par l’avocat — relèvent de déclarations initiales qui nécessitent une confirmation indépendante et judiciaire. La mention d’une « reconnaissance » par l’ambassade russe selon laquelle des contrats ont été signés indique une version différente (engagements volontaires) ; cet élément montre l’existence de récits contradictoires qui imposent prudence et vérification.
En synthèse, les annonces officielles péruviennes sont des sources solides pour établir l’ouverture et l’objet de l’enquête. Les chiffres et les affirmations relatives aux conditions de recrutement et au bilan humain doivent être considérés comme provisoires tant que le parquet n’aura pas publié les résultats de ses investigations ou que d’autres sources indépendantes (documents contractuels, témoignages vérifiables, autorités russes avec précision) n’auront apporté des confirmations.
Le déroulement de l’enquête et les réponses diplomatiques à venir seront déterminants pour clarifier les responsabilités et la réalité des faits allégués.


