Le retour probable du phénomène climatique El Niño, couplé au réchauffement d’origine humaine, fait craindre une année 2027 exceptionnelle en termes de chaleur. Samantha Burgess, climatologue au sein du programme Copernicus du Centre européen pour les prévisions météorologiques à moyen terme, a averti le 8 mai que « il est probable que 2027 dépasse 2024 en tant qu’année la plus chaude jamais enregistrée ». Cette alerte s’inscrit dans un diagnostic plus large : les océans mondiaux affichent des températures à la surface proches de leurs records et devraient, selon Copernicus, établir de nouveaux niveaux pour le mois de mai.
Un facteur naturel qui survient sur un fond de réchauffement anthropique
El Niño est une phase récurrente d’un cycle océan-atmosphère dans le Pacifique équatorial, qui se manifeste généralement au printemps et dont les effets se propagent sur les mois suivants. Lorsqu’il s’installe, il modifie les températures de surface de la mer, les vents et les schémas climatiques mondiaux : certaines zones peuvent connaître des sécheresses (comme l’Indonésie), tandis que d’autres, notamment la côte péruvienne, risquent des pluies intenses et des inondations.
Le caractère exceptionnel de la situation actuelle tient néanmoins à la conjonction de ce phénomène naturel avec un réchauffement global d’origine humaine — principalement lié à la combustion d’énergies fossiles et aux émissions de dioxyde de carbone — qui élève déjà les températures de référence. Autrement dit, l’impact d’un épisode El Niño aujourd’hui s’ajoute à un climat qui part d’un niveau moyen plus élevé qu’auparavant, rendant plus probables des records de chaleur annuels.
Les océans, indicateurs avancés d’une tendance préoccupante
Copernicus souligne que les températures moyennes de surface des mers (hors régions polaires) ont frôlé en avril le record absolu établi en 2024. L’observatoire européen estime que seules quelques journées sont nécessaires avant que le mois de mai n’affiche, lui aussi, des températures marines record. Les vagues de chaleur marines notées actuellement s’étendent d’une large zone du centre du Pacifique équatorial jusqu’à la côte ouest des États‑Unis et du Mexique, signe visible des anomalies thermiques déjà en place.
Ces anomalies océaniques jouent un rôle clé : en stockant et redistribuant la chaleur, les mers influencent l’atmosphère et, par conséquent, les températures moyennes annuelles à l’échelle mondiale. Le fait que les surfaces marines soient à des niveaux records est donc un indicateur sérieux que l’influence combinée d’El Niño et du réchauffement anthropique pourrait propulser 2027 vers des valeurs exceptionnelles de chaleur.
Les alertes reposent sur des observations océanographiques et atmosphériques suivies par des organismes internationaux. L’Organisation météorologique mondiale (OMM) a elle aussi indiqué une probabilité croissante du retour d’El Niño entre mai et juillet, alors que le phénomène inverse, La Niña, s’atténue. Ces prévisions s’appuient sur l’évolution des températures dans une zone précise du Pacifique, qui sert de référence pour diagnostiquer ces phases.
Malgré ces signaux concordants, les scientifiques rappellent que des incertitudes subsistent sur l’intensité exacte et le timing du phénomène, ainsi que sur ses conséquences régionales. Les modélisations climatiques fournissent des probabilités et des scénarios, mais la variabilité naturelle et les interactions complexes océan-atmosphère rendent impossible une certitude absolue sur l’amplitude finale des records.
Évaluation de la fiabilité des sources citées :
Les informations reprises dans cet article proviennent principalement de Copernicus (le service européen d’observation du climat), de déclarations de Samantha Burgess relayées par l’AFP et des évaluations de l’Organisation météorologique mondiale. Copernicus et l’OMM sont des institutions internationales reconnues pour leur expertise scientifique et leurs données d’observation ; leurs bulletins et analyses s’appuient sur des réseaux d’observations satellitaires et in situ ainsi que sur des modèles établis, ce qui confère une forte crédibilité aux tendances signalées.
L’AFP, agence de presse citée pour la diffusion de la déclaration, est une source d’information généraliste qui relaie des communiqués et interviews de spécialistes ; elle n’est pas à l’origine des mesures scientifiques mais sert d’intermédiaire fiable pour la diffusion des déclarations d’experts. En conséquence, la combinaison des trois sources — données et analyses de Copernicus, avis de l’OMM et relais journalistique de l’AFP — offre un niveau de confiance élevé pour les constats présentés, tout en laissant place aux précautions nécessaires concernant l’incertitude scientifique sur l’ampleur précise du phénomène.
En conclusion, la convergence d’alertes émanant d’institutions scientifiques européennes et internationales justifie une vigilance accrue : le retour probable d’El Niño, sur un fond de réchauffement d’origine humaine, augmente significativement la probabilité que 2027 soit l’une des années les plus chaudes jamais enregistrées — voire la plus chaude — selon les scénarios actuellement envisagés par ces organismes.


