Le gouvernement a officialisé, jeudi 4 juin, la commande de deux nouveaux avions bombardiers d’eau de type Canadair, a annoncé le ministre de l’Intérieur lors de l’ouverture de la campagne nationale de prévention contre les feux de forêt à Nîmes. Ces appareils viennent s’ajouter à deux autres DHC-515 commandés en 2024 auprès du constructeur canadien De Havilland, et participent au projet d’atteindre à terme une flotte de 16 avions amphibies pour la sécurité civile.
Un renforcement longuement attendu
Selon le ministre, l’opération représente « un investissement majeur pour l’État » évalué à près de 200 millions d’euros. Les deux DHC-515 déjà commandés en 2024 devraient être livrés en 2028 — en avril et en novembre — grâce, a-t-il précisé, au soutien de la Commission européenne. Les deux appareils supplémentaires signés le 4 juin ont une livraison estimée à 2032 ou 2033, délai qui reflète les capacités de production actuelles et les calendriers industriels.
En 2025, De Havilland a relancé des lignes d’assemblage arrêtées depuis des années en réponse à une commande européenne de 22 appareils nouvelle génération — un élément qui a contribué à la reprise de la production mais qui ne supprime pas les délais inhérents à la fabrication et à la livraison d’aéronefs spécialisés.
Capacités nationales et perspectives industrielles
Les autorités affirment vouloir rester vigilantes quant au respect des calendriers de livraison. Parallèlement, le gouvernement mise sur le développement d’une offre nationale : des acteurs industriels français comme Kepplair et Hynaero sont cités comme travaillant sur des projets d’avions bombardiers d’eau, avec des expérimentations en cours et des ambitions de production à plus grande échelle autour de 2030.
La Fédération nationale des sapeurs-pompiers a réagi en soulignant que la France « ne peut pas attendre » exclusivement l’arrivée d’appareils étrangers pour se doter d’une capacité durable. Elle plaide pour la construction dès aujourd’hui d’une capacité française et européenne de production de bombardiers d’eau. La fédération a également demandé le maintien des pactes capacitaires des services départementaux d’incendie et de secours (Sdis) et exprimé son inquiétude face à la diminution de 54,7 % de la dotation de soutien à l’investissement structurant des Sdis, selon les chiffres qui lui sont attribués dans le communiqué rapporté.
Cette double approche — achats internationaux à court et moyen terme, accompagnement de projets nationaux pour l’avenir — traduit la recherche d’un équilibre entre besoins opérationnels immédiats et souveraineté industrielle à plus long terme.
La question du renouvellement de la flotte aérienne intervient dans un contexte climatique qui, d’après la communauté scientifique citée plus largement dans le débat public, accentue la fréquence et l’intensité des épisodes extrêmes (canicules, sécheresses, vents favorables aux départs de feu). L’été 2025 illustre cette réalité : l’Office national des forêts (ONF) a recensé près de 15 000 départs de feu en France, affectant environ 30 000 hectares de forêts et d’autres végétations, notamment dans l’Aude.
Les autorités et les acteurs locaux s’accordent sur la nécessité d’une approche globale : au-delà des moyens aériens, la prévention, la gestion des territoires, les capacités des Sdis et la coordination nationale restent des éléments décisifs pour limiter les impacts des incendies.
Sur le plan opérationnel, la montée en puissance vers une flotte de 16 avions amphibies représente une ambition logistique et budgétaire importante. Elle nécessitera un suivi strict des calendriers de livraison, des capacités de maintenance et des dispositifs d’entraînement des équipages pour garantir l’efficacité des appareils dès leur réception.
Évaluation de la fiabilité des sources citées dans l’article original :
Les informations rapportées proviennent principalement de déclarations officielles du ministère de l’Intérieur (interventions du ministre Laurent Nuñez) et d’annonces liées au constructeur De Havilland. Ces sources institutionnelles et industrielles sont, en règle générale, fiables pour ce qui concerne les intentions d’achat, les montants annoncés et les calendriers communiqués ; toutefois, les dates de livraison restent des estimations dépendantes de la production et des aléas logistiques.
La Fédération nationale des sapeurs-pompiers, interlocuteur représentatif du terrain, apporte un angle opérationnel et revendicatif pertinent, mais ses évaluations financières et ses demandes doivent être lues comme des positions défensives en faveur des services de secours.
Enfin, les données de l’Office national des forêts sur les départs de feu et les surfaces affectées constituent des éléments statistiques officiels et utiles pour mesurer l’urgence. Globalement, les sources citées sont crédibles et complémentaires : annonces ministérielles et industrielles pour le volet équipement, organisations professionnelles pour le volet opérationnel, et organismes experts pour les chiffres sur les incendies. Reste que certains éléments — délais de livraison futurs, montants finaux et évolution des capacités industrielles françaises — méritent une surveillance et une vérification continue au fil des annonces et des réalisations.


