TotalEnergies a annoncé, le 29 avril, des bénéfices trimestriels en forte augmentation — 5,8 milliards de dollars pour le premier trimestre, soit environ 4,96 milliards d’euros — une progression d’environ 51 % en un an. Ces résultats, attribués principalement à la hausse des prix du pétrole et de l’énergie, ont rouvert le débat politique en France sur la taxation des « superprofits » réalisés par les groupes pétroliers en période de crise.
Réactions de la gauche : taxation et blocage des prix
La gauche a immédiatement dénoncé ce qu’elle qualifie d’« indécence » : plusieurs responsables ont appelé à des mesures législatives pour capter une partie de ces gains exceptionnels. La France insoumise (LFI) a accusé le groupe de « profiter de la guerre » — des propos rapportés par la députée Clémence Guetté et relayés sur X — et a réitéré sa demande d’un blocage des prix à la pompe. Dans les commentaires publics cités par les médias, Manuel Bompard (coordinateur de LFI) et Aurélie Trouvé (députée LFI) ont plaidé pour un plafonnement immédiat des prix de l’essence et du diesel aux niveaux qu’ils estimaient d’avant-guerre.
Le Parti socialiste propose, pour sa part, une taxe ciblée sur les « superprofits ». Selon les éléments rendus publics par ses représentants, la proposition vise les entreprises dépassant un certain seuil de chiffre d’affaires et calculerait le « superprofit » comme l’excédent supérieur de 20 % par rapport à la moyenne des trois dernières années. Le prélèvement envisagé sur cette part excédentaire oscillerait, selon les variantes évoquées, entre 20 % et 40 %, avec une estimation de recettes publiques de l’ordre de quelques milliards d’euros. Les responsables socialistes ont aussi précisé que la taxe devrait porter sur les résultats mondiaux des groupes concernés, TotalEnergies réalisant une part conséquente de ses bénéfices hors de France.
Écologie, majorité présidentielle et position du gouvernement
Les écologistes ont formulé une proposition plus radicale : taxer à un taux élevé la part des bénéfices excédant un seuil (leurs propositions publiques évoquent un barème différent, incluant parfois des taux très élevés sur l’excédent). Leurs déclarations, rendues publiques au moment des débats, insistent sur la nécessité de ne pas laisser ces recettes « en l’état » en période de crise internationale.
Du côté de la majorité et du gouvernement, la tonalité est plus prudente. La porte-parole du gouvernement et ministre en charge de l’Énergie a indiqué que l’exécutif ne s’interdit « rien par principe », mais a appelé à éviter un « Total bashing » et à mesurer les conséquences d’une fiscalité exceptionnelle. Le Premier ministre a estimé que la mise en place d’un nouvel impôt ne saurait être improvisée en cours d’année et l’a renvoyée à une discussion dans le cadre des débats budgétaires, évoquant l’horizon de l’année suivante pour un examen plus approfondi.
Parallèlement, TotalEnergies a annoncé le maintien d’une initiative commerciale : le plafonnement du prix des carburants dans son réseau de 3 300 stations-service en France « tant que la crise au Moyen-Orient durera », décision saluée par certains ministres comme un geste visant à limiter les effets sur le pouvoir d’achat.
Au Rassemblement national, la taxation des surprofits trouve un écho mitigé : si la mesure a été défendue publiquement par des figures du parti comme Marine Le Pen, d’autres dirigeants ont souligné que l’accent devait rester sur l’allègement général de la fiscalité, notamment par une baisse de la TVA sur les carburants, et ont salué le geste commercial de TotalEnergies.
Dans l’ensemble, les réactions illustrent un clivage clair : la gauche et les écologistes réclament des mesures contraignantes et des prélèvements ciblés sur les gains exceptionnels, tandis que la majorité gouvernementale privilégie la réserve et le calendrier budgétaire, et certains acteurs politiques insistent sur des mesures fiscales plus larges ou des gestes conjoncturels de la part des entreprises.
Évaluation de la fiabilité des sources citées
Les informations reprises dans l’article original proviennent principalement de médias d’information grand public (Franceinfo, BFM TV, RTL, Sud Radio) et de déclarations publiées sur X (anciennement Twitter). Ces médias sont des sources conventionnelles pour les déclarations politiques et les bilans financiers :
– Franceinfo, BFM TV et RTL sont des rédactions reconnues pour la couverture politique et économique en France ; elles publient des comptes rendus de conférences de presse et des interviews vérifiables, ce qui les rend globalement fiables pour relayer les propos des responsables politiques et les grandes lignes des résultats d’entreprise.
– Sud Radio, station d’information et de débats, rapporte des prises de parole publiques, mais ses analyses peuvent parfois être plus orientées selon les interviews ; il convient de croiser les citations qu’elle publie avec d’autres sources.
– Les déclarations diffusées via X (ex‑Twitter) sont utiles pour restituer la posture publique d’acteurs politiques, mais doivent être vérifiées au regard des messages originaux et contextualisées (publication, auteur, date) pour éviter toute déformation.
Enfin, les chiffres financiers de TotalEnergies cités dans l’article (bénéfice trimestriel et pourcentage d’augmentation) renvoient à des communiqués et résultats publiés par le groupe lui‑même et relayés par la presse ; pour une vérification complète, il est recommandé de consulter directement le communiqué financier officiel de TotalEnergies et le rapport trimestriel du groupe.


