La filiale française du groupe japonais Rakuten, héritière de l’ancien PriceMinister, a annoncé début mai un projet de cession de son activité de marketplace en France, en privilégiant la reprise par un acquéreur. La direction a toutefois précisé qu’en l’absence d’acquéreur, une fermeture serait envisagée à horizon du troisième trimestre 2026. Selon la communication transmise aux représentants du personnel et reprise par les médias, environ 180 salariés sont concernés par ce plan.
Une trajectoire de déclin malgré les investissements
Rakuten France explique que ce choix s’inscrit « dans un contexte de déclin de l’activité depuis une dizaine d’années », malgré des investissements répétés pour moderniser la plateforme et développer des outils, notamment basés sur l’intelligence artificielle. Le site, qui propose un assortiment généraliste — électroménager, électronique, jouets, habillement, mobilier — fait face à une érosion notable de sa clientèle et de son trafic : la direction évoque une baisse de 33 % du nombre de clients et un recul de 42 % du trafic sur dix ans.
Rachetée par le groupe japonais en 2010, PriceMinister a été intégrée au réseau Rakuten, qui se présente comme un acteur mondial créé en 1997 et employant plus de 25 000 personnes dans une trentaine de pays, pour un chiffre d’affaires annoncé de plus de 11 milliards d’euros sur son site institutionnel. Pourtant, ces dimensions internationales n’ont pas suffi à inverser la tendance du marché français, où la concurrence et les mutations logistiques et commerciales ont profondément transformé les habitudes d’achat.
Deux scénarios : cession ou arrêt d’activité
La direction a indiqué avoir présenté, le mardi 7 avril, aux représentants du personnel un projet formalisant les deux pistes : la cession de la marketplace à un repreneur, qui permettrait de poursuivre les investissements et de préserver l’activité, ou, à défaut, l’arrêt progressif de l’activité en France. La date envisagée pour un éventuel arrêt débuterait au troisième trimestre 2026, selon la communication de l’entreprise.
Ce positionnement laisse entendre que la société privilégie la continuité opérationnelle et le maintien des services, mais que la viabilité économique actuelle ne permet plus de garantir à elle seule la poursuite de l’activité. Les 180 postes identifiés sont naturellement au centre des inquiétudes sociales et économiques locales, et la période d’information et de consultation du personnel va être déterminante dans les mois qui viennent.
L’annonce intervient dans un contexte de mutation rapide du e-commerce en Europe : nouveaux acteurs, logistique optimisée, intégration forte des places de marché et pression sur les marges. Le groupe reconnaît avoir investi pour compenser les pertes et moderniser la plateforme, sans que ces efforts n’aient suffi à enrayer le recul de fréquentation et de clientèle constaté en France.
Fiabilité des sources citées
Le texte initial s’appuie sur trois types de références : une dépêche ou déclaration relayée à l’AFP, un article du magazine Capital et des informations diffusées par le site institutionnel de Rakuten. Chacune de ces sources présente un niveau de fiabilité distinct mais complémentaire.
L’AFP (Agence France-Presse) est une agence de presse internationale reconnue pour ses standards rédactionnels et son rôle de fournisseur d’informations factuelles et sourcées. Une information confirmée par l’AFP est généralement fiable pour la vérification d’annonces officielles et de communiqués d’entreprise.
Le magazine Capital est une publication économique nationale qui combine enquêtes, analyses et reprises d’annonces. Sa fiabilité dépend des sources citées et de la rigueur de son enquête ; lorsqu’il relaie une information basée sur des documents internes ou des déclarations de la direction, il reste utile pour le contexte mais doit idéalement être corroboré par une source primaire ou officielle.
Enfin, les données publiées par le site institutionnel de Rakuten (effectifs globaux, date de création, chiffres d’affaires) sont des éléments fournis par l’entreprise elle-même. Ils constituent une source primaire pour les informations institutionnelles, mais doivent être interprétés avec prudence lorsqu’il s’agit d’évaluer la santé commerciale d’une filiale nationale : les indicateurs globaux du groupe ne décrivent pas nécessairement la situation locale.
En synthèse, la combinaison d’une confirmation par l’AFP, d’une enquête ou d’une reprise par Capital et des données du site officiel de Rakuten offre un faisceau de sources crédibles. Pour autant, les chiffres de baisse de clientèle et de trafic, ainsi que la temporalité exacte des décisions internes, reposent principalement sur les communications de la filiale et gagneraient à être complétés par des éléments issus d’audits indépendants ou des bilans locaux pour établir un diagnostic financier fin.
À court terme, il faudra suivre les prochaines étapes : la recherche active d’un repreneur, les négociations éventuelles, et les consultations avec les représentants du personnel. Ces développements détermineront si la marketplace française peut trouver un nouvel élan sous une autre direction ou si elle sera progressivement arrêtée, avec les conséquences sociales qui en découleront.


