Le président de la République a annoncé, à l’issue du conseil de politique nucléaire réuni jeudi 12 mars 2026 sur le chantier de la future centrale de Penly (Seine‑Maritime), que le financement du programme EPR2 sera en partie assuré par l’épargne réglementée des Français : le prêt bonifié de l’État couvrant 60 % du coût total du programme sera financé par le fonds d’épargne de la Caisse des Dépôts, qui centralise une large part des sommes déposées sur les livrets réglementés (Livret A, LDDS, LEP).
»
Modalités de financement et rôle du Livret A
Selon l’annonce de l’Élysée, le mécanisme retenu est un prêt bonifié de l’État destiné au programme EPR2 ; la part de 60 % de ce prêt sera couverte par le fonds d’épargne géré par la Caisse des Dépôts. Ce fonds rassemble, selon les informations publiques de la Caisse, environ 59,5 % de l’épargne réglementée et dispose d’une enveloppe de l’ordre de 400 milliards d’euros : une partie est affectée au financement durable du logement social et de la politique de la ville, l’autre partie est investie en titres de dette et en actions.
L’utilisation de ces ressources pour un programme nucléaire d’envergure pose des questions techniques et politiques : modalités juridiques du prêt bonifié, affectation précise des flux, calendrier des décaissements, et garanties de maîtrise des coûts. Le choix d’utiliser l’épargne réglementée — historiquement affectée en priorité au logement social — implique un arbitrage public sur les finalités de cette épargne et sur la compatibilité entre rendement, sécurité pour les déposants et objectifs d’investissement stratégique.
Calendrier, coûts et portée industrielle
Le conseil a confirmé que la décision finale d’investissement (DFI) reviendra à EDF et doit intervenir « avant la fin de l’année 2026 », avec un objectif de première mise en service d’ici 2038 pour le premier des nouveaux réacteurs. Le programme EPR2 prévoit la construction de six réacteurs de forte puissance, répartis à Penly, Gravelines (Nord) et Bugey (Ain).
Un audit du programme est mentionné comme ayant été pris en compte par le conseil ; il en ressort, selon le communiqué, que la cible de coûts de construction s’établit à 72,8 milliards d’euros (référence chiffrée à l’exercice 2020). L’État a demandé à EDF et aux services concernés de finaliser les discussions en cours avec la Commission européenne dans un calendrier cohérent avec la DFI. Ces jalons restent conditionnés à la validation des dispositifs d’aide publique et au respect des obligations de concurrence et d’aides d’État.
Sur le plan industriel et stratégique, le président a résumé l’enjeu : « On n’arrivera pas à gagner la bataille du climat, de la compétitivité et de la souveraineté sans le nucléaire ». Cette formulation situe le projet à l’intersection des objectifs de décarbonation, de sécurisation des approvisionnements énergétiques et de maintien d’une filière industrielle de pointe en France.
La trajectoire annoncée comporte toutefois des défis connus : respect du calendrier de construction, maîtrise des surcoûts, recrutement et formation des compétences nécessaires, et acceptation locale et européenne des modalités de financement public. Le calendrier 2026–2038 laisse une fenêtre étroite pour boucler les négociations réglementaires et contractuelles.
Évaluation de la fiabilité des sources citées
Les principales sources évoquées dans l’article original sont l’Élysée, la Caisse des Dépôts, EDF et un « audit » du programme. Voici une brève évaluation de leur fiabilité :
– L’Élysée : source primaire pour les décisions politiques et les communiqués gouvernementaux. Les informations are fiables pour ce qui est des annonces officielles, mais elles reflètent une position politique et stratégique de l’exécutif ; toute déclaration doit être lue en sachant qu’elle sert aussi à légitimer une orientation publique.
– La Caisse des Dépôts : organisme public et gestionnaire du fonds d’épargne. Ses données chiffrées sur l’encours et la répartition de l’épargne réglementée sont des références fiables et vérifiables dans ses publications annuelles et rapports institutionnels.
– EDF : acteur opérationnel et futur décisionnaire du programme. Les informations d’EDF sur le calendrier, la DFI et les estimations de coûts sont des sources primaires indispensables, mais elles peuvent être sujettes à biais d’optimisme et à révisions en cours de projet ; il est donc prudent de croiser ces éléments avec des audits indépendants et des expertises extérieures.
– L’audit mentionné : sa valeur dépend entièrement de son auteur, de son périmètre et de sa transparence. L’absence de nommage ou de publication publique du rapport réduit sa force probante. Un audit réalisé par un organisme indépendant et publiquement accessible serait nécessaire pour juger de la crédibilité des chiffres de coûts et des hypothèses techniques.
En conclusion, les informations centrales reposent sur des sources institutionnelles légitimes, mais la solidité du montage financier et la crédibilité des objectifs de coûts nécessitent des documents publics supplémentaires (rapport d’audit détaillé, conventions de prêt, avis de la Commission européenne) pour permettre une évaluation indépendante et complète.


