Le marché automobile français a poursuivi en novembre une dynamique morose : les immatriculations de voitures particulières neuves ont reculé de 0,3 % sur un an, selon les chiffres publiés par la Plateforme automobile (PFA). Sur le mois, 132 927 véhicules ont été mis en circulation, un niveau équivalent à celui de novembre 2022, tandis que le cumul des onze premiers mois de l’année enregistre un repli de 4,9 % par rapport à la même période de 2024. Sur une plus longue période, le marché reste encore nettement en-deçà de son niveau d’avant-pandémie : il évolue à environ 23 % sous le volume constaté en novembre 2019. Ces éléments confirment une année 2025 marquée par l’attentisme des acheteurs et la fragilité de la consommation automobile en France.
Les voitures électriques tirent leur épingle du jeu
La principale bonne nouvelle du mois concerne les véhicules 100 % électriques, qui ont franchi pour la première fois la barre des 25 % du marché mensuel : la PFA crédite l’électrique de 26 % des immatriculations en novembre. Ce pic s’explique en partie par la relance en octobre du « leasing social » — une offre de location avec option d’achat destinée aux ménages modestes et soutenue financièrement par l’État — ainsi que par l’obligation faite aux entreprises d’intégrer au moins 20 % de véhicules zéro émission dans leurs flottes. Au total sur l’année, les électriques représentent désormais environ un véhicule immatriculé sur cinq, un record après les 17 % observés en moyenne sur les années 2023 et 2024.
Ces chiffres montrent que les mesures publiques et les dispositifs d’aide ciblés peuvent influer rapidement sur la demande de véhicules à faibles émissions. Ils reflètent aussi un basculement progressif du parc et des comportements d’achat, même si le poids croissant de l’électrique n’a pas (encore) suffi à compenser la contraction globale du marché.
Pourquoi le marché global reste atone ?
La PFA met en avant plusieurs facteurs explicatifs : incertitudes politiques et économiques — parmi lesquelles le flou entourant le projet de loi de finances 2026 — qui freinent les décisions d’achat importantes ; un contexte de taux d’intérêt et de coût du crédit encore contraignant pour certains ménages ; et un niveau de confiance des consommateurs qui n’est pas encore revenu aux standards d’avant-crise sanitaire. À cela s’ajoutent des effets de base et une certaine volatilité mensuelle inhérente aux statistiques d’immatriculation.
Il est important de rappeler que des facteurs structurels à plus long terme pèsent aussi sur la demande : urbanisation, évolution des usages (autopartage, mobilité multimodale), et une politique fiscale parfois changeante qui influence l’attractivité des véhicules thermiques et hybrides. Mais sur ces éléments, la PFA livre principalement une lecture conjoncturelle et met l’accent sur le rôle des dispositifs publics et des décisions d’entreprise dans la composition des ventes.
Évaluation de la fiabilité des sources citées
La PFA est l’unique source citée dans le communiqué initial ; il s’agit d’une organisation professionnelle qui représente les acteurs de l’industrie automobile (constructeurs et équipementiers). En général, ce type de structure publie des données d’immatriculations agrégées et actualisées régulièrement, et ses chiffres sont largement relayés par les médias et repris dans les analyses sectorielles. Ces séries sont habituellement fondées sur les registres administratifs d’immatriculation et sur les remontées des membres du secteur, ce qui confère une bonne crédibilité technique aux volumes annoncés.
Cependant, deux limites doivent être prises en compte : d’une part, la PFA porte la voix d’un secteur et peut privilégier une lecture qui souligne l’impact des facteurs politiques et réglementaires pour peser sur le débat public ; d’autre part, les chiffres mensuels peuvent être volatils et sensibles à des éléments ponctuels (lancements commerciaux, opérations de leasing, fins de prime, etc.). Pour une compréhension complète, il est recommandé de croiser ces données avec d’autres sources : statistiques officielles du ministère chargé des Transports, publications d’INSEE pour le contexte macroéconomique, et analyses indépendantes d’organismes spécialisés dans l’électromobilité (par exemple associations sectorielles ou centres de recherche).
Conclusion — Ce qu’il faut retenir
Le marché automobile français reste en 2025 en deçà des niveaux d’avant la pandémie, mais la montée en puissance des véhicules 100 % électriques est notable et soutenue par des mesures publiques ciblées et des obligations pour les flottes d’entreprise. La PFA fournit des indicateurs utiles et généralement fiables pour suivre l’évolution du secteur, mais ses analyses gagneraient à être confrontées à d’autres sources pour isoler les tendances structurelles des effets conjoncturels. L’évolution du projet de loi de finances 2026 et la persistance (ou non) des dispositifs d’aide seront des éléments clés à surveiller pour la suite de l’année.


