Les prix de certains paquets de cigarettes augmenteront à partir du 1er janvier 2026, selon un document diffusé par les Douanes le 12 décembre. Les hausses annoncées vont jusqu’à 50 centimes par paquet et concernent plusieurs grandes marques, tandis que les ventes de tabac continuent de reculer en volume sur un an.
Jusqu’à 50 centimes et des références à 13 euros
Japan Tobacco International (JTI) figure parmi les fabricants qui augmentent le plus fortement certains tarifs : des paquets Camel et Winston devraient passer à 13 euros. JTI applique également des hausses sur le tabac à rouler, allant de 10 centimes à plus d’un euro selon les références, d’après la grille tarifaire publiée par les Douanes.
Philip Morris International (PMI) annonce des augmentations d’environ 50 centimes sur plusieurs cigarettes et sur du tabac à rouler, citant notamment des références comme Marlboro Red et certains produits Philip Morris qui franchiraient la barre des 13 euros. Un porte-parole du groupe, interrogé par l’AFP, a expliqué que ces réajustements reflétaient la hausse de l’éco-contribution, l’inflation des coûts de production et l’augmentation de la part destinée aux buralistes. Il a précisé que ces augmentations concernaient les cigarettes classiques et non les produits alternatifs comme la vape, que l’entreprise souhaite garder « abordables ».
British American Tobacco (BAT) augmente seulement une dizaine de références, avec des hausses comprises entre 10 et 50 centimes, et Imperial Brands – Seita applique des hausses de 10 centimes sur la plupart de ses cigarettes. Ces mouvements interviennent dans un contexte où le programme national de lutte contre le tabagisme prévoit un prix plancher du paquet à 13 euros courant 2026, tandis que les fabricants continuent de proposer des références autour de 11,50 euros le paquet de 20.
Des ventes en baisse, mais des stratégies commerciales actives
Les données de la Douane montrent un recul des ventes : entre novembre 2024 et novembre 2025, les volumes de cigarettes ont diminué de plus de 11 % et ceux du tabac à rouler de plus de 15 %. Cette tendance confirme l’effet attendu des politiques de prévention et de prix, mais elle témoigne aussi de changements de comportement des consommateurs, qui peuvent se tourner vers des marques moins chères, vers le tabac à rouler, vers des produits alternatifs ou vers le marché parallèle.
Hausser les prix est une mesure reconnue de santé publique pour réduire la consommation. Toutefois, l’efficacité dépend de la manière dont les hausses sont réparties entre les références : si les fabricants augmentent principalement les marques haut de gamme, ils peuvent préserver des segments bon marché et limiter l’impact global. Par ailleurs, une hausse généralisée du prix peut accroître les risques de contrefaçon et d’approvisionnement illicite si elle n’est pas accompagnée de contrôles renforcés.
Conséquences pour les consommateurs et le réseau des buralistes
Pour le consommateur, une hausse de 10 à 50 centimes par paquet pèse davantage sur les fumeurs réguliers. Les buralistes, dont la part par paquet augmente selon les industriels, peuvent voir leur marge évoluer, mais ils restent exposés à la baisse continue des volumes vendus. Le discours des fabricants met en avant la répartition du surcoût entre éco-contribution, coûts de production et rémunération des points de vente, mais ces éléments méritent confirmation par des données publiques détaillées.
Sources citées et évaluation de leur fiabilité
– Douanes (document publié le 12 décembre) : source officielle et primaire pour les données de prix et les volumes de ventes. Les informations émanant de la Douane sont généralement fiables pour les statistiques de trafic et de ventes, car elles reposent sur des déclarations réglementaires et des relevés administratifs.
– AFP : agence de presse reconnue pour sa rigueur et son traitement factuel des déclarations. La citation d’un porte-parole de PMI via l’AFP apporte un éclairage direct sur les motifs avancés par le fabricant, mais reste une communication d’entreprise.
– Déclarations des fabricants (PMI, JTI, BAT, Imperial/Seita) : utiles pour comprendre les décisions commerciales et l’argumentaire public, mais à considérer avec prudence. Ces acteurs ont un intérêt économique direct et peuvent présenter les hausses sous un angle favorable à leur stratégie (proportion des coûts, maintien de l’abordabilité de certains produits, etc.).
Le traitement gagnerait à intégrer des points de vue indépendants (autorités sanitaires, associations anti-tabac, experts économiques) pour mieux apprécier l’impact sanitaire et social des augmentations, ainsi que des données plus détaillées sur la composition des prix (fiscalité, marges) pour vérifier les explications des industriels.
En résumé, les hausses annoncées par plusieurs fabricants s’inscrivent dans un double mouvement : répondre à des contraintes de coûts et anticiper un objectif public de prix plancher, tout en ménageant des références moins chères. Les données officielles des Douanes confirment une baisse des ventes, mais l’évolution future dépendra de l’équilibre entre politiques publiques, stratégies commerciales et contrôle du marché illicite.


