« C’était une belle récréation et on va profiter jusqu’à la fin. » Ces mots, prononcés à l’antenne par Julien Tellouck, ont résonné comme un adieu: la chaîne payante Game One, dédiée aux jeux vidéo et à la culture japonaise, doit cesser ses émissions le 31 décembre, a-t-il annoncé le 19 novembre lors de la diffusion de Team Game One. Le programme lui‑même s’arrêtera dès le 3 décembre, selon le présentateur.
Annonce, chiffres et motifs officiellement avancés
Selon les éléments transmis à l’antenne et repris par plusieurs titres, Game One fermera « pour des raisons stratégiques » et non à cause d’un problème d’audience, une précision faite en direct par l’équipe de la chaîne. Médiamétrie, l’institut officiel de mesure d’audience en France, est cité pour estimer le public à environ 3 millions de téléspectateurs mensuels sur la période de janvier à juin 2025 — un chiffre qui témoigne d’une audience régulière pour une chaîne thématique.
Julien Tellouck a par ailleurs affirmé que la chaîne restait rentable et a évoqué des pistes possibles pour l’avenir : proposer les programmes de Game One à une autre chaîne de la TNT ou se déployer davantage sur des plateformes numériques comme Twitch. Contacté par l’AFP, le groupe Paramount, propriétaire de la chaîne, n’a pas souhaité commenter. L’arrêt intervient quelques mois après l’annonce du rachat de Paramount par Skydance, information qui s’inscrit dans le contexte de réorganisation des éditeurs audiovisuels.
Une histoire marquante de près de trois décennies
Lancée en septembre 1998 sur satellite, puis diffusée via le câble et l’ADSL, Game One a accompagné et marqué plusieurs générations d’adolescents et de jeunes adultes avec des émissions autour des jeux vidéo, des nouvelles technologies, des séries et des animes japonais. Initialement détenue par Canal+ et l’éditeur de jeux Infogrames, la chaîne a évolué au fil des années vers un offre hybride mêlant culture geek et programmes audiovisuels spécialisés. Cette longévité explique l’émotion suscitée par l’annonce de la fermeture parmi les fidèles et les professionnels du secteur.
Évaluation de la fiabilité des sources
Plusieurs sources ont été citées pour corroborer l’information. Voici une brève évaluation de leur fiabilité et de leurs limites :
– Médiamétrie : institut reconnu et de référence pour les audiences audiovisuelles en France. Ses données sont généralement fiables pour estimer la portée d’une chaîne, mais doivent être lues au regard de la période mesurée et de la méthodologie (panel, extrapolations). Le chiffre de 3 millions renvoie à une estimation sur une période donnée, pas nécessairement à une audience simultanée.
– BFMTV Tech&Co : service spécialisé d’une chaîne d’information nationale. BFMTV est une source d’actualité largement consultée ; ses rubriques tech sont utiles pour des confirmations rapides, mais il est préférable, comme pour tout média, de croiser avec d’autres titres pour les détails et les citations directes.
– Le Monde : quotidien de référence en France, réputé pour ses enquêtes et son travail de vérification. Sa reprise de l’information renforce la crédibilité du récit, en particulier lorsque l’article s’appuie sur des confirmations croisées.
– AFP (Agence France‑Presse) : agence internationale très fiable pour les faits bruts et les déclarations officielles. La mention d’un refus de commentaire par Paramount, transmise par l’AFP, est un élément factuel solide.
Globalement, les sources citées sont solides et complémentaires : Médiamétrie pour les chiffres, BFMTV et Le Monde pour la reprise éditoriale, et l’AFP pour la vérification factuelle. Toutefois, certaines déclarations restantes — notamment l’affirmation que la chaîne « reste rentable » — proviennent d’interventions d’animateurs et n’ont pas été confirmées par des documents financiers publics. Elles doivent donc être traitées avec prudence.
Perspectives et conclusion
La fermeture de Game One illustre deux dynamiques du secteur audiovisuel : la consolidation d’acteurs majeurs (ici, la série d’opérations autour de Paramount et Skydance) et la tension entre diffusion linéaire et plateformes numériques. Pour les abonnés et les équipes, la fin officielle de la chaîne ne signifie pas nécessairement la disparition immédiate de ses émissions : le catalogue, les formats et les animateurs peuvent être repensés ou migrer vers d’autres diffuseurs ou plateformes en ligne.
Pour suivre l’évolution, il faudra surveiller des communications officielles de Paramount ou des annonces réglementaires liées au rachat par Skydance, ainsi que les déclarations des dirigeants de Game One et des représentants syndicaux ou professionnels. En l’état, les informations disponibles reposent sur des sources d’information reconnues, mais certaines affirmations internes à la chaîne méritent des confirmations documentées si l’on veut dresser un bilan économique précis.


