Le groupe Hachette a annoncé vendredi 17 janvier le rappel et la destruction de quatre ouvrages scolaires et parascolaires — dont un dictionnaire Larousse destiné aux collégiens — après la découverte d’un passage qualifié de faux et tendancieux concernant les attaques du 7 octobre 2023 en Israël. La phrase incriminée, repérée par la Ligue internationale contre le racisme et l’antisémitisme (Licra), évoquait « la mort de plus de 1 200 colons juifs lors d’une série d’attaques du Hamas » et présentait ensuite l’invasion de la bande de Gaza et le renforcement du blocus économique par Israël comme une conséquence directe, entraînant « une crise humanitaire de grande ampleur ». Les ouvrages retirés, vendus à quelques centaines d’exemplaires pour le dictionnaire, font l’objet d’un rappel et seront détruits, a indiqué Hachette.
Le contenu contesté et son retrait
La formulation mise en cause pose plusieurs problèmes : elle donne une désignation porteuse de sens (« colons juifs ») pour les victimes, utilise un chiffre précis qui peut prêter à débat (« plus de 1 200 ») et décrit des enchaînements d’événements en termes causaux sans contextualisation ni nuance. Ces caractéristiques expliquent la réaction vive d’organisations de vigilance et des autorités politiques.
Hachette a déclaré avoir immédiatement retiré les exemplaires concernés et lancé une procédure interne pour comprendre comment une telle erreur a pu paraître dans des supports destinés à la révision du baccalauréat. Le groupe a annoncé qu’il procéderait à une vérification intégrale de ses ouvrages scolaires, périscolaires et de ses dictionnaires, et qu’il renforcerait ses processus de validation éditoriale.
Enquête interne, responsabilité éditoriale et contexte de propriété
Le groupe Hachette, numéro un français de l’édition, a précisé avoir ouvert une enquête interne pour « déterminer les raisons qui ont conduit à une telle erreur ». La maison d’édition est passée sous le contrôle de l’homme d’affaires Vincent Bolloré fin 2023 ; Hachette indique vouloir instituer un nouveau processus de vérification renforcé pour les futures publications dans ces collections.
Ce rappel met en lumière la vulnérabilité des manuels et supports parascolaires face à des formulations inexactes ou partisanes, surtout lorsqu’ils s’adressent à des élèves en phase de préparation d’examens. La responsabilité de l’éditeur en matière de relecture, de validation des sources et de contrôle factuel est au cœur du débat, tout comme la question de l’indépendance éditoriale lorsque la gouvernance du groupe change.
Réactions publiques et enjeux politiques
La découverte a suscité une condamnation politique immédiate : le président Emmanuel Macron a qualifié de « falsification des faits » cette présentation des attentats du 7 octobre et a jugé « intolérable » ce type de révisionnisme, ajoutant que « le révisionnisme n’a pas sa place en République ». De leur côté, des organisations comme la Licra, qui a signalé le passage, jouent un rôle de veille et d’alerte sur les contenus jugés antisémites ou discriminatoires.
Sur le fond, la formulation du dictionnaire, par son choix de vocabulaire et ses assertions causales, risque d’induire en erreur des élèves qui cherchent des informations claires et vérifiables. Les débats autour de ces questions rappellent l’importance d’une pédagogie rigoureuse et d’une information sourcée dans les manuels scolaires.
Évaluation de la fiabilité des sources citées
– Hachette (communiqué / information transmise à l’AFP) : source primaire sur le retrait et les mesures prises. Fiable pour établir les faits procéduraux (retrait, rappel, destruction, enquête interne), mais à considérer comme partie prenante, avec un intérêt à limiter les conséquences réputationnelles. Une confirmation indépendante (par ex. auprès du Ministère de l’Éducation ou de distributeurs) renforce la vérification.
– Licra : organisation de veille et de plaidoyer contre le racisme et l’antisémitisme. Fiable pour repérer et signaler des formulations problématiques ; cependant, en tant qu’acteur militant, ses analyses doivent être lues en tenant compte de son rôle d’alerte et complétées par des vérifications factuelles indépendantes.
– Agence France-Presse (AFP) : agence de presse internationale reconnue pour ses standards de vérification et d’impartialité. Les dépêches AFP constituent une source solide pour rapporter les déclarations des parties (Hachette, Licra, autorités) et les événements factuels.
– Déclarations politiques (présidence) : utiles pour rendre compte des réactions d’autorités publiques, mais à considérer comme des prises de position politiques plutôt que des vérifications factuelles neutres.
Conclusion et recommandations pour le lecteur
L’affaire illustre les risques liés à la diffusion de formulations inexactes dans des contenus scolaires et parascolaires. Les faits liés au 7 octobre 2023 et à leurs suites sont d’une sensibilité extrême : leur traitement exige précision terminologique, contexte chronologique et vérification des chiffres. Pour se faire une opinion fondée, il est recommandé de croiser les comptes rendus d’agences de presse reconnues, les déclarations officielles et, si possible, les rapports d’ONG ou d’institutions indépendantes spécialistes du conflit.
Les annonces de Hachette sur le renforcement des contrôles devront désormais se traduire par des mesures concrètes et transparentes (audit externe, comité de relecture spécialisé, traçabilité des sources) pour restaurer la confiance des enseignants et des familles.


